Saveurs du monde

#Wonderfoodtour : un thali en Inde

Chaque mois, j’invite des blogueurs de voyage à partager leurs expériences culinaires inoubliables autour du monde. Après un crochet par Belize et Pékin le mois dernier, Laurent, du blog One Chaï, nous emmène cette fois en Inde, pour déguster un thali. Son récit démontre que manger local n’est pas seulement surprenant pour les papilles mais aussi parfois pour nos réflexes culturels…  


La cuisine indienne est assez riche et variée, il n’est pas rare que le petit bouiboui au coin de la rue compte à son menu plusieurs dizaines de mets différents. Mais s’il y a un plat universel en Inde, c’est bien le thali. Certains restos, surtout dans le sud de l’Inde, ne servent même que ça. Voici donc l’histoire du jour où j’ai mangé mon premier thali.

C’est quoi un thali ?

Thali servit sur une feuille de bananier

Thali servit sur une feuille de bananier

Un thali, c’est plus qu’un plat, c’est un repas, à la fois entrée, plat et dessert. L’ingrédient principal en est le riz, accompagné de dhal, d’épinards et d’autres légumes divers. Le tout et souvent accompagné de chapatis (un pain plat), de papads (on assimilera ça à des gâteaux salés), et en guise de dessert, le plus souvent, du riz au lait.

Dans sa version la plus simple, le thali est servi sur une simple feuille de bananier qui fait office d’assiette. On vous sert ensuite une bonne louchée de riz, puis vient l’heure du maître des casseroles, sa main en est remplie. Il plonge sa cuillère dans chacune de ses gamelles et vous en sert énergiquement une lampée de chaque, toujours sur la feuille de bananier, ou dans de petits récipients en métal, c’est selon.

Mais on mange ça comment ?

Me voici donc maintenant devant ma feuille de bananier, et débrouille toi pour manger ça sans couverts. Première mission, aller se laver la main droite. Se laver une seule main peut sembler incongru, mais nombre d’Indiens procèdent ainsi. L’usage de la main gauche est en effet proscrit pour manger. La main gauche, on s’en sert aux toilettes pour se laver les fesses à grande eau.

Je m’essaye ensuite à déchirer un morceau de chapati (toujours avec une seule main) et à attraper quelques légumes et un peu de riz. Mais je suis assez gauche, et puis à l’évidence, ça serait tout de même meilleur si les légumes, la sauce et le riz étaient mélangés. Le riz en serait d’autant moins sec.

En observant autour de moi, je remarque qu’après avoir retroussé leur manche de chemise, les Indiens y vont à pleine main pour mélanger le tout. Mais voilà, quelques années durant lesquelles mes parents ont dû me marteler qu’on ne mange pas avec ses mains sont passées par là. Bébé, j’y allais sans doute franco et c’était bien l’éclate, mais papa et maman ne voulaient pas. Il fallait utiliser cette maudite cuillère. Manger avec les mains, soi-disant que c’était sale.

Résultat, aujourd’hui, au lieu d’être maître ès thalis, je fais ma chochotte, du bout des doigts. L’heure est donc venue de respirer un grand coup et d’y aller franco, à malaxer tout ça puis à porter la première bouchée à mes lèvres. Autant se rendre à l’évidence, ça n’est en fait pas bien compliqué.

Miam miam ?

Accessoirement, le thali est très bon. Évidemment, nous sommes en Inde, donc ça pique, mais c’est comme tout, on s’y fait (ou pas). Et cerise sur le gâteau, si vous êtes dans un vrai restaurant à thali, c’est servi à volonté, le tout pour 0.50€ à 1€ (non, il n’y a pas d’erreur sur le prix!)

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