En pratique

Voyager sans avion : bilan après un an

En 2019, nous avons fait le choix de voyager sans avion. Qu’avons-nous retiré de l’expérience ? Qu’avons-nous appris ? C’est le moment de faire le bilan.

C’est au retour d’une marche pour le Climat fin 2018 que nous avons pris la décision, Karl et moi, de ne pas prendre l’avion en 2019.

D’un côté, après avoir scandé l’urgence climatique, il nous aurait semblé contradictoire de continuer à voyager « comme si de rien n’était » (même si le poste « transport » n’est pas le seul sur lequel on peut réduire ses émissions de carbone, mais c’est un autre débat…).

De l’autre, il y avait l’envie de tester une autre manière de voyager et de répondre à certaines questions : Peut-on se passer de l’avion pour voyager ? À quel prix ? Et avec quelles contraintes ?

Après presqu’un an, voici donc les enseignements que nous tirons de cette expérience.

1. On peut voyager beaucoup, même sans avion.

Premier constat : ne pas prendre l’avion n’a pas été un frein au voyage. Nous avons presqu’autant voyagé autant que ces dernières années (ce qui est remarquable vu que nous avons géré en même temps des travaux à la maison et que Karl a dû faire face à pas mal de problèmes de santé).

La côte d’Opale, une belle destination accessible en train.
  • Nous avons (re)visité des villes à l’occasion de city-trips : Rotterdam (2 fois !), Lille (à l’occasion du Salon des Blogueurs de Voyage), Paris mais aussi Bruxelles (c’est près de chez nous, certes, mais c’est un city-trip aussi !).
  • Je suis partie profiter du bon air du large à Biarritz avec une amie. Nous avons également passé un chouette week-end sur la côte d’Opale.
Rotterdam, la belle découverte de cette année !

2. Le choix des destinations sans avion est plus large qu’on ne le croit.

Si, au départ, le principe de voyager sans avion semblait réduire le champ des possibles (exit les voyages sur d’autres continents), nous avons vite constaté qu’il nous ouvrait au contraire des perspectives auxquelles nous n’avions pas pensé.

Vous savez, toutes ces villes et régions qui sont juste un peu trop proches pour qu’on les prenne en considération lorsqu’il s’agit de choisir sa prochaine destination ?

La ville d’Hamburg et l’Elphi ne figuraient pas particulièrement sur notre « radar » avant cette année.

Pour la première fois depuis longtemps, nous avons repris une carte (bon, j’avoue, on a utilisé Google Maps) pour réfléchir à nos voyages et porté notre intérêt sur des villes où nous n’avions jamais réellement pensé nous rendre (Hamburg, Wrocław…), simplement parce qu’elles avaient une position géographique stratégiquement intéressante.

Nous avons également choisi en fonction des promos sur les billets de train (c’est ce qui nous a fait découvrir Rotterdam).

3. Voyager sans avion ne coûte pas forcément plus cher…

… à condition de s’y prendre à l’avance et de pouvoir faire preuve de flexibilité (ce qui n’est pas toujours possible, soyons clairs).

Par exemple pour notre voyage itinérant en Europe (6 étapes dans 5 pays), nous avons déboursé 115 € par personne en transports. Pour rallier Édimbourg depuis Bruxelles, nous avons payé 35,25 € par personne.

4. Le vrai coût, c’est le temps

Et c’est souvent là que le bât blesse : voyager sans avion, à partir du moment où l’on dépasse une certaine distance, prend du temps. Il nous a fallu 24 heures pour rejoindre Édimbourg (sur la même durée, en avion, nous aurions atteint l’Australie). Il m’a fallu environ 13 heures pour rallier Bologne depuis Liège.

Dans le bus vers l’Écosse…

Ce temps, nous avons la possibilité de pouvoir le prendre car nous n’avons pas un statut d’employé, pas d’enfant scolarisé et donc, n’avons pas de contraintes au niveau des congés. De plus, notre activité (liée au web), nous permet de travailler sur la route, pour autant que l’on puisse accéder au réseau internet.

5. Voyager sans avion n’est pas forcément moins stressant.

Pas de security check, moins de formalités à l’embarquement, moins de contraintes au niveau des bagages… J’ai pleinement apprécié ces avantages, même si ils peuvent être contrebalancés par des imprévus.

Au niveau du confort, ça ne change pas tellement de l’avion, il faut trouver sa position. 😉

Voyager sans avion sur une certaine distance suppose souvent d’enchaîner les correspondances : aucun problème tant qu’il n’y a pas de retard mais dans le cas contraire, vous n’êtes jamais sûr.e de votre heure d’arrivée. Et même lorsqu’il n’y a pas de correspondances, un voyage qui s’étale en théorie sur 13 heures peut vite accumuler les « petits retards » qui, au final, se comptent en heures.

Enfin, en bus comme en voiture, vous êtes à la merci des embouteillages…

6. Le temps s’écoule plus lentement et c’est bien !

C’est sans doute ce que j’ai le plus apprécié ! Entre deux correspondances, on a le temps de lire, penser, regarder les paysages, écouter des podcasts, lire, écrire…

Les paysages qui défilent la nuit…

On se rend également mieux compte de la distance parcourue. En avion, le nombre de kilomètres franchis entre le décollage et l’atterrissage reste très abstrait. En train ou en bus, on a le temps de voir les paysages changer progressivement et de se rendre compte du chemin parcouru.

En conclusion

Cette année sans avion a été une expérience enrichissante et surprenante à plein d’égards. Elle nous a donné l’envie de privilégier les voyages de proximité et d’éviter de prendre l’avion à chaque fois que c’est possible. Elle nous a également incités à remettre en question nos habitudes de voyage et même à questionner notre rapport au voyage (pourquoi voyage-t-on ? Que cherche-t-on réellement ?).

Je pense que si nous n’avions pas pris « officiellement » la décision de relever le défi, et si nous ne l’avions pas annoncé à nos proches et sur les réseaux, nous ne nous y serions pas forcément tenus. Nous avons ressenti à plusieurs reprises la tentation de faire une exception, de céder à la facilité. Nous avons notamment dû renoncer à participer à un événement à la mémoire d’une personne qui nous était chère parce que nous avions sous-estimé le temps nécessaire pour rallier le sud de l’Italie.

Changement de bus à Birmingham.

Cette expérience va-t-elle nous pousser à renoncer à jamais à l’avion ? Probablement pas, même si nous comptons bien limiter au minimum le recours à ce mode de transport.

Je pense que nous sommes bien plus conscient.e aujourd’hui de l’impact de nos déplacements et de nos choix de consommation (car le voyage, c’est un acte de consommation) et nous avons envie de poursuivre nos réflexions et remises en question.

Les sites utiles pour préparer un voyage sans avion

J’en profite pour partager quelques liens utiles pour celles et ceux qui voudraient organiser un voyage sans avion !

  • Le site Omio.fr permet de réserver des trajets en bus et train partout en Europe. On l’utilise régulièrement pour nos voyages en France.
  • Le site Rome2Rio permet de rechercher les possibilités qui existent pour rallier deux points géographiques et d’en comparer le prix.
  • Flixbus et Blablabus (ancien Ouibus) pour les bus longue distance low-cost.
  • Ouigo pour les billets de train low cost en France et Izy pour voyager pas cher entre Bruxelles et Paris.

De l’inspiration pour un voyage sans avion ?

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