Carnets de voyage

Parenthèse insulaire aux Îles de la Madeleine

Un petit air d’Islande, la chaleur de l’Irlande, une atmosphère qui rappelle un peu la Bretagne. Les îles de la Madeleine, c’est un peu tout ça à la fois et aussi autre chose. Une destination inclassable. De celles qui vous inspirent un serment solennel envers vous-même : « je reviendrai ».

Comme beaucoup d’Européens je pense, j’aurais été totalement incapable il y a quelques mois encore de situer sur une carte du monde l’archipel des îles de la Madeleine. Il faut dire que sur la plupart des mappemondes, elle ne ressemble pas à beaucoup plus qu’une minuscule virgule. Il aura fallu les articles enthousiastes de la blogueuse québécoise Jennifer de Moi, Mes souliers, pour que j’apprenne l’existence de ce petit bout de Québec perdu dans le Golfe du Saint-Laurent.

La première fois que j’ai cherché « îles de la Madeleine » sur Google Maps, j’ai été subjuguée par la forme à nulle autre pareille de ce groupe d’îles (faites l’expérience, vous verrez !). Une sorte d’hameçon, constitué de petites îles reliées par des bancs de sable. Une forme tellement improbable qu’elle pourrait être issue de l’imagination fertile d’un écrivain de fantasy.

Et puis, il y a quelques semaines, après une longue route à travers le Québec, le Nouveau-Brunswick et l’île du Prince-Édouard et 6 heures de traversier, je me suis retrouvée sur la 199, la route principale qui traverse de bout en bout 5 des 6 îles de l’archipel (la 6ème, l’île d’Entrée, étant accessible uniquement par bateau). Il n’a pas fallu 2 kilomètres pour que l’on comprenne, Karl et moi, qu’il s’agirait d’un des temps forts de ce voyage.

La route 199 parcourt les îles de bout en bout.

Si d’aventure vos pas vous entraînaient dans notre sillage, voici un article qui devrait faciliter la préparation de votre voyage. Je vous y détaille nos expériences île par île en commençant par Grand Entrée, à une extrémité de la route 199, et en terminant par l’île du Havre Aubert, à l’autre bout. Je vous partage ensuite quelques infos pratiques et recommandations pour votre séjour. Ce compte-rendu est bien sûr loin d’être exhaustif : nous n’avons passé qu’une semaine sur les îles. Nous n’avons par ailleurs pas visité l’île d’Entrée, ce sera pour la prochaine fois !

En road trip sur les Îles de la Madeleine

Nous avons été accueillis sur place par les partenaires de l’initiative « Trip aux îles », un regroupement de prestataires touristiques des îles de la Madeleine. Nous restons cependant libre du contenu de cet article et y intégrons d’ailleurs quelques autres bonnes adresses dégotées par nos soins.

Dépaysement à Grande-Entrée

Derrière l’auberge de la Salicorne, un chemin empierré mène au Bassin aux Huîtres…

Tout au nord de l’achipel, l’île de Grande-Entrée appelle à la contemplation et au ressourcement. En roulant vers la Salicorne, notre hébergement pour les 2 premières nuits aux îles de la Madeleine (voir ci-dessous), nous avons vraiment eu l’impression de nous rendre au bout du monde ! C’était au coucher du soleil et le jeu de couleurs entre le ciel, la mer et les dunes nous arrachait des « waouw » à chaque tournant. À quelques centaines de mètres de notre destination, un joli renard roux est venu complété le tableau.

Voici quelques activités recommandées si vous passez dans le coin…

Aller à la rencontre des pêcheurs de homards au Quai de Grande-Entrée

Aujourd’hui, les pêcheurs de homard sont équipés d’outils leur permettant de localiser les endroits propices où poser leurs cages. Sheldon nous accueille sur son bateau pour nous l’expliquer.

Grande-Entrée est la capitale québécoise du homard ! De début mai à mi-juillet, la saison de la pêche au homard bat son plein aux Îles de la Madeleine. Plusieurs centaines de bateaux homardiers prennent le large de grand matin au Quai de Grande-Entrée pour aller relever les cages et reviennent quelques heures plus tard.

La plupart des pêcheurs sont ravis de discuter de leur métier et de vous montrer leur bateau de pêche.

Sur le port, à l’étage de la boutique de souvenirs de la Salicorne, un petit espace accueille une expo sur les pêcheurs locaux.

S’offrir un spa 100% naturel sur l’île Boudreau

L’île Boudreau regorge d’argile, parfait pour un spa improvisé !

Accessible à pied ou en kayak (via le bassin aux huîtres situé juste en face de la Salicorne), l’île Boudreau est dotée de falaises sur lesquelles on peut recueillir directement de l’argile naturel. On s’en tartine le corps avant de se baigner dans la mer (si elle n’est pas trop froide) : un rituel beauté 100% naturel auquel nous nous sommes adonnés avec plaisir, malgré la fraîcheur (j’avoue, on ne s’est pas rincé dans la mer, on a préféré la douche chaude de l’hôtel :-D) !

Notre guide nous explique l’art de se tartiner la figure d’argile. 🙂

Visiter le centre d’interprétation du phoque

Visiter le Centre d’Interprétation permet d’en apprendre plus sur les différentes espèces de phoques qui fréquentent cette partie du Golfe du Saint-Laurent.

C’est une réalité à laquelle vous serez inévitablement confrontés aux îles de la Madeleine. On y pratique, encore aujourd’hui, la chasse au phoque ou « loup-marin » comme on l’appelle ici. Les Madelinots et Madeliniennes consomment la chair du phoque, utilisent sa fourrure pour fabriquer des bottes, des gants ou encore des bijoux et fabriquent même des compléments alimentaires à base de sa graisse.

Strictement réglementée, cette chasse est pourtant toujours matière à polémique. Je l’admets: c’est un aspect de la culture madelinienne sur lequel j’ai du mal à me positionner (d’autant que nous avons décidé de ne plus consommer de viande pour des raisons éthiques et écologiques) et qui a fait l’objet d’intenses discussions entre Karl et moi. Quel que soit votre avis sur la question, je trouve qu’il est intéressant de visiter le centre d’interprétation du phoque pour se forger un avis éclairé sur la question et mieux comprendre cet aspect important de la culture locale.

Personnellement, j’ai trouvé que le contenu de l’exposition était clairement orienté en faveur de la chasse aux phoques (parfois trop) et manquait parfois de neutralité dans la façon de présenter les informations. Cela dit, il s’agit d’un sujet qui touche particulièrement les Madelinots qui gardent un goût amer du véritable « bashing » médiatique dont ils ont fait l’objet il y a quelques années et lors duquel on a propagé pas mal d’idées fausses (vous remarquerez qu’ils ne portent pas Brigitte Bardot dans leur coeur :-D).

Quelques extraits de presse exposés au Centre d’Interprétation du Phoque.

Le plein d’Histoire(s) à Grosse Île

Visite au Musée des Vétérans de Grosse Île.

Habitée par la minorité anglophone de l’archipel, Grosse Île est également administrativement indépendante. Elle est située juste à côté de Grande-Entrée.

Outre ses superbes paysages (Grosse Île est dotée d’une plage classée parmi les plus belles du monde par National Geographic), elle abrite également de véritables petits bijoux culturels pour ceux qui souhaitent se plonger dans l’histoire fascinante des îles de la Madeleine.

Se promener dans la Réserve Nationale de faune de la Pointe Est

Randonnée avec une guide nature passionnée, une activité organisée par la Salicorne.

L’écosystème des îles de la Madeleine est tout à fait particulier et fascinant à explorer ! 2 sentiers d’interprétation (la Camarine et l’Échouerie) permettent de découvrir ces paysages préservés seul ou avec un guide (vous pouvez notamment vous adresser à la Salicorne, voir ci-dessous dans la section « en pratique »). Côté faune, ce sont surtout des oiseaux et peut-être quelques rongeurs et renards roux que vous aurez des chances d’observer : pas de caribou, d’ours ou d’orignal sur les îles !

On appelle cette formation naturelle le « bol de soupe » :-D.

Dans l’environnement extrême des îles, on retrouve une flore bien particulière capable de subsister aux rudes conditions climatiques.

Ce genre de panneau n’est pas à prendre à la légère ! L’érosion grignote chaque année un peu plus les falaises.

Plonger dans l’Histoire au CAMI

La Petite École Rouge.

Situé dans le village historique de Old-Harry, le Council for Anglophone Magdalen Islanders (CAMI) a mis en place un complexe historique qui vaut vraiment la peine qu’on s’y attarde. La Petite École Rouge est un attachant musée aménagé dans une ancienne salle de classe bâtie en 1922. Il retrace l’histoire de la communauté de Old-Harry, ses traditions et activités…

La maîtresse a l’air un peu fatigué, vous ne trouvez pas ? 😀

Juste à côté, le Musée des Vétérans célèbre les Madelinots partis combattre pendant les grandes guerres du XXème siècle (les 2 guerres mondiales mais aussi la guerre de Corée). N’hésitez pas à demander la visite guidée : vous entendrez une foule d’anecdotes plus émouvantes et passionnantes les unes que les autres.

Au Musée des Vétérans à Grosse Île.

Je ne vous en dis pas trop ici, je garde ça pour un prochain article !

Admirer la plage de la Grande Échouerie 

La plage de la Grande Échouerie semble s’étirer à l’infini…

Classée parmi les plus belles plages du monde par National Geographic, elle s’étend sur plus de 8 km ! Nous ne l’avons pas parcourue à pied mais simplement admirée depuis la route.

Près de la plage de la Grande Échouerie

À proximité, des panneaux explicatifs détaillent un épisode plutôt sombre de l’histoire des îles : l’extermination des morses. Il fût un temps où des centaines de milliers de morses fréquentaient les plages des Iles de la Madeleine. Leur présence attirait d’ailleurs régulièrement des chasseurs des Premières Nations. Au cours des 16ème et 17ème siècle, le commerce d’ivoire et de graisse de morse a entraîné la mise au point de techniques quasi industrielles de mise à mort du mammifère marin et une véritable extermination de l’espèce. Encore aujourd’hui, il n’est pas rare de trouver sur les plages des Iles de la Madeleine des défenses de morses vieilles de plusieurs siècles qui témoignent du massacre.

Seacow Bay

Rendre hommage à la mémoire des naufragés à St Peter’s-by-the-sea

N’hésitez pas à pousser la porte de cette église !

La plus ancienne église anglicane des Iles de la Madeleine a été reconvertie pour rendre hommage aux victimes des naufrages qui ont marqué et marquent encore l’histoire des Iles (la dernière tragédie en date est le naufrage de l’Acadien II en 2008) mais aussi, plus largement, à toutes les personnes qui ont perdu la vie en mer. Cela vaut vraiment la peine de pousser la porte de cette petite église et de parcourir cette exposition à la fois émouvante et pleine de retenue. On a ainsi décidé de ne pas y relater les circonstances particulières de chaque décès. Pour l’anecdote, l’église a été construite par le révérend Arthur Reeves qui a utilisé la cargaison du Kwango, un cargo norvégien qui a fait naufrage au nord de Grosse-Île en 1915, que les habitants ont récupérée pour la lui offrir.

Et voici à quoi ressemble l’intérieur de l’église.

Découvertes gourmandes à Hâvre-aux-Maisons

Sur les hauteurs de Hâvre-aux-Maisons.

Après quelques jours à avoir eu l’agréable sentiment d’être seuls au monde (ou presque !), nous avons pris nos quartiers dans un appartement avec une vue époustouflante (le Presbytère, voir ci-dessous) sur l’île de Hâvre-aux-Maisons. J’ai a-d-o-ré le côté champêtre et tranquille de cette île, ses petites maisons colorées, son côté épicurien. Je crois que si je pouvais acheter une maison sur les îles, ce serait là !

Hâvre-aux-Maisons est en tout cas « ze place to be » pour les épicurien•ne•s en trip aux îles. On y trouve une concentration d’artisans plus passionnés les uns que les autres. Nous n’avons pas rendu visite à tout le monde mais on vous recommande les arrêts suivants :

Aller saluer les vaches de la Fromagerie du Pied-De-Vent

Les belles vaches canadiennes de la fromagerie du Pied-de-Vent.

La fromagerie du Pied-De-Vent est née d’un pari fou : faire venir des vaches canadiennes (une race en déclin) aux Îles-de-la-Madeleine pour fabriquer du fromage d’inspiration française. 20 ans et 4 fromages plus tard, la réputation de cette entreprise familiale n’est plus à faire ! Et il suffit de déguster ses fromages pour comprendre pourquoi. J’ai personnellement eu un coup de coeur pour la Tomme des Demoiselles au houblon (issu de la brasserie À l’abri de la Tempête), qui n’est disponible qu’en quantité limitée au printemps.

Si vous passez dans le coin, ne manquez pas une petite visite de la ferme avec Dominique Arseneau. On apprend beaucoup de choses sur le lait, la fabrication du fromage et les vaches ! Si le soleil est de la partie, on peut même aller les voir dans les vertes collines où elles gambadent.

Dominique Arseneau nous raconte son métier et sa passion.

Humer l’odeur de la boucane au Fumoir d’Antan

La photo ne peut pas transmettre l’odeur mais vous pouvez imaginer une bonne odeur de bois et poisson fumé !

En quelques années, tous les fumoirs installés sur les Iles de la Madeleine (une quarantaine) ont cessé leurs activités. En cause : la raréfaction du hareng que l’on y fumait… Malgré ces déconvenues, Ben a toujours gardé l’espoir de remettre en fonction le fumoir familial et l’a conservé en l’état pour le jour où le hareng ferait sa réapparition. Finalement, en 1996, le fumoir renaissait littéralement de ses cendres pour entamer une production artisanale de hareng boucané, de poissons et fruits de mer fumés, etc sous le nom Fumoir d’Antan. Par ailleurs, un Économusée a été créé pour raconter l’histoire du boucanage sur les Îles. On vous recommande cette visite à la fois culturelle et gourmande !

Et voici à quoi ça ressemble vu de l’intérieur. Le petit bac en dessous contient le malt que la microbrasserie À l’Abri de la Tempête fait fumer par Ben pour ensuite produire la Corps Mort !

Après la visite, une dégustation s’impose.

Goûter un fish & chips au Bistro du Capitaine 

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas goûté un aussi bon fish & chips que celui du Bistro du Capitaine ! Véronick, en cuisine ce jour-là, nous a expliqué que la recette, qui fait le succès de l’établissement, avait été soigneusement élaborée par son père.

Fish (au centre) & poutine. Miam !

Dans ce petit resto, on dévore aussi des yeux la déco ! Sur un mur, des chapeaux s’alignent : ce sont les chapeaux portés par le papa de Véronick chaque été depuis l’ouverture du bistro. « À la fin de la première saison, son chapeau était complètement usé et il a décidé de l’accrocher là. Depuis, c’est devenu une tradition et les habitués tentent de deviner à quoi ressemblera le chapeau de l’année ! »

Les chapeaux du Capitaine.

Prendre un apéro chez le Barbocheux 

Léonce nous accueille pour une dégustation qu’on n’oubliera pas de sitôt !

Léonce est probablement le personnage le plus haut en couleurs que nous ayons rencontré aux Îles de la Madeleine ! Une belle rencontre que l’on n’oubliera pas de sitôt.

Passez lui rendre visite au Barbocheux, il vous fera goûter la « bagosse », un vin de fruit artisanal et vous expliquera sa technique infaillible pour décupler les saveurs lors d’une dégustation. Lorsque les îles étaient encore isolées du reste du monde, la bagosse était la seule boisson alcoolisée que connaissaient ses habitants.

Voici les alcools dégustés ! Outre la bagosse, on a notamment goûté l’Ariel (apéritif à la framboise qui goûte vraiment la framboise, pour une fois !).

Entre deux dégustations, Léonce sera également ravi de vous parler de l’origine des Îles (du point de vue géologique et/ou poétique !).

Aussi à Hâvre-aux-Maisons

Par ailleurs, si vous devez vous connecter un peu et travailler aux Îles (ou préparer la suite de votre voyage), sachez qu’il existe un espace de coworking à Hâvre-aux-Maisons ! Ça s’appelle Repère & Cie et l’aménagement vaut le détour !

Repère & Cie, un super endroit pour travailler quelques heures.

Juste à côté, la Verrerie la Méduse vaut également le détour. En plus des créations en verre soufflé réalisées sur place, vous pouvez y dénicher des objets d’art haut de gamme. Il est également possible de s’initier au soufflage du verre en participant à un atelier. On a testé rapidement : de quoi prendre conscience de la précision et de la dextérité nécessaires à l’exercice de cet art (sans parler de la tolérance à la chaleur :-D).

Dans l’atelier de la Verrerie La Méduse.

Vues panoramiques à Cap-aux-Meules

Sur les hauteurs de Cap-aux-Meules.

C’est par Cap-aux-Meules que nous sommes arrivés aux Îles, en débarquant du bateau. Au départ, je n’étais pas forcément séduite par cette île qui me semblait beaucoup plus urbanisée que ses consoeurs. Finalement, on a profité d’un scooter mis à notre disposition par l’Agence de location des îles pour en sillonner les routes et on s’est rendu compte qu’elle n’était pas en reste !

Une journée en scooter à Cap-aux-Meules.

L’île de Cap-aux-Meules compte 3 villages principaux : Cap-aux-Meules, l’Étang-du-Nord et Fatima (oui, ça ne sonne pas très Québécois comme nom mais c’est comme ça :-D). Ci-dessous, quelques arrêts à ne pas manquer sur l’île de Cap-aux-Meules pour la vue ou pour s’occuper entre deux arrêts photo.

La savonnerie de la Fille de la Mer

En pleine concentration !

Ça vous dirait de fabriquer votre propre savon avec des ingrédients naturels, dont certains directement issus des îles ? N’hésitez pas à participer à un atelier de savon avec Ariane Arsenault, la Fille de la Mer ! On s’est amusé comme des enfants à composer nos propres recettes en jouant sur les odeurs, les couleurs et les textures dans une ambiance hyper chaleureuse.

Ariane nous a guidé pas à pas pour composer 2 recettes de savon. Dans son atelier lumineux, des centaines d’ingrédients s’alignent sur les étagères : huiles essentielles, miel des îles (issu de ses propres ruches !), sable et argile, beurre de karité ou de cacao, grains de café, colorants naturels, fleurs de lavande… Le plus compliqué est de choisir !

On rassemble les ingrédients avant de commencer la préparation.

Une fois nos préparations réalisées, nous avons moulé nos savons dans des moules en forme de coquillages. Ceux-ci ont été fabriqués par Ariane sur base de coquillages trouvés sur les plages des îles. Le surplus a été utilisé pour réaliser des savons de massage.

Nos savons ! <3

En attendant que nos savons soient prêts pour le démoulage, nous avons réalisé nos propres baumes à lèvre à la cire d’abeille, parfumés à la menthe. Avouez que c’est plus chic de sortir ça de son sac qu’un vulgaire Lab**o plein de produits chimiques 😀

Vous pouvez faire le plein de savons, boules de bain et autres baumes dans les 2 boutiques de la Fille de la Mer sur les Iles (à Cap-aux-Meules ou Hâvre-Aubert). Ariane gère également une chaîne YouTube à succès où elle partage ses dernières créations.

Le belvédère de Cap-aux-Meules

En descendant du belvédère.

Des escaliers permettent de gravir sans trop de difficulté le cap qui, je suppose, donne son nom à Cap-aux-Meules. En haut, une belle vue à 360° vous attend ! Quand on a un peu le vertige, comme moi, on n’ose pas trop regarder vers le bas mais il faut dire que la vue vaut le petit frisson !

Une partie de la vue depuis le belvédère de Cap-aux-Meules.

L’anse de l’Étang-du-Nord

Impossible de manquer le Monument aux pêcheurs, cette sculpture qui vous fait face lorsque vous arrivez à l’Étang-du-Nord depuis le village de Cap-aux-Meules.

Le Monument aux Pêcheurs.

Quelques jolies boutiques (dont la boutique de cerfs-volant Au gré du Vent) méritent un petit arrêt. Le petit port de pêche est par ailleurs particulièrement photogénique.

Le petit port de pêche de l’Anse de l’Étang du Nord.

Un peu plus loin, on s’est arrêté au Cap du Phare et on s’est baladé le long des falaises (sans s’approcher du bord puisque c’est très dangereux : l’érosion grignote chaque année les côtes et les effondrements sont fréquents). Je vous laisse admirer les photos !

Le Cap du Phare.

Voici un exemple assez parlant de l’effondrement des falaises ! Ce trou béant est apparu en plein milieu du chemin près des falaises, il s’ouvre directement sur la mer.

La microbrasserie à l’Abri de la Tempête

Le nez dans l’écume, les idées vaguent. La brasserie À l’Abri de la Tempête.

Impossible de ne pas en parler ! 😀 Cette microbrasserie est l’une de nos préférées au Québec ! Karl aime particulièrement la Corps Mort, une bière extra-forte, brassée avec du malt fumé du Fumoir d’Antan (le même dont on vous parlait plus haut). Pour ma part, j’ai un faible pour la Belle Saison, une blonde aux notes florales, parfumée aux herbes des îles.

Le pub est un lieu super convivial dont l’aménagement, où le bois est omniprésent, évoque un navire. À quelques pas du pub, allez vous balader sur la plage de la dune de l’Ouest pour jeter un oeil à l’épave du Corfu Island, un bateau qui s’est échoué dans les années 60.

Jeu de lumière sur l’épave du Corfu Island.

Sur le chemin de la plage de la Dune de l’Ouest.

Shopping à l’île du Havre Aubert

Des cages à homard à la Grave.

Berceau du peuplement des îles, l’île du Havre Aubert garde encore quelques vestiges du passé comme le site historique de la Grave où s’alignent boutiques, petites maisons de pêcheur, galeries d’art et bâtiments historiques… Nous n’y avons passé que quelques heures, en fin de voyage, par une belle après-midi ensoleillée. Au vu de la concentration d’artisans et de boutiques, c’est l’endroit idéal pour acheter quelques souvenirs des îles.

Hâvre-Aubert est également très photogénique !

Le Phare de l’Anse-à-la-Cabane.

Les Artisans du Sable

Chez les Artisans du Sable, on peut s’amuser à créer des formes dans du sable magnétique, à l’aide d’un aimant.

Un véritable incontournable des îles ! En 1981, Nicole Grégoire et Albert Cummings commencent à développer de leurs mains des objets de déco qui mettent en valeur le sable des îles. Petit à petit, leur expertise et leur technique se développent, l’équipe grandit et ils se mettent à créer de véritables pièces design en sable solidifié.

Mais d’où vient le sable me direz-vous ? C’est la question que je me suis posée : ramasser le sable sur les plages pour en faire des objets, cela ne risque-t-il pas de dégrader le milieu ? Eh bien non car le sable travaillé par l’équipe est du sable récupéré, issu de l’exploitation des gisements de sel que l’on trouve sous les îles.

Aujourd’hui, on vient des 4 coins du monde pour admirer la boutique des Artisans du Sable et découvrir leurs créations. Depuis 2001, un Économusée permet aux visiteurs d’en apprendre plus, par la même occasion, sur cet élément à la fois banal et méconnu.

Du sable du monde entier !

Boutique Jaspe Rouge

La boutique Jaspe Rouge présente les créations de deux artistes madelinots: Mélodie Lepage et Françis Kapsiak. On y trouve de jolis bijoux qui mettent en valeur des pierres des îles mais aussi des casse-tête sculptés dans du bois flotté.

Visiter les Îles de la Madeleine en pratique

Quand y aller ?

Si possible, évitez les mois de juillet et d’août où les îles sont prises d’assaut par les vacanciers (au point de causer parfois des problèmes au niveau de la gestion des stocks d’eau douce).

Les mois de juin et de septembre sont parfaits pour visiter les îles avec une météo plus ou moins clémente (attention, il fait souvent plus frais aux îles que sur le continent, même si certains établissements sont fermés.

En hiver, des excursions sont organisées pour aller observer les blanchons (petits phoques) sur la banquise.

Comment s’y rendre ?

Un traversier (ou ferry) relie les Îles de la Madeleine à Souris, sur l’Île du Prince-Édouard.

Selon votre mode de déplacement au Québec, plusieurs options s’offrent à vous.

  • Prendre le traversier (le ferry) depuis Souris sur l’île du Prince-Édouard (cette île est reliée au Nouveau-Brunswick par un pont) : cette option est intéressante si, comme nous, vous disposez d’une voiture de location que vous voulez utiliser pour explorer les îles. Cependant, ce n’est pas la solution la plus économique : l’A/R en traversier pour 2 personnes + voiture coûte environ 300 dollars canadiens (soit environ 200 € au taux actuel). Il faut également y ajouter le carburant et le péage pour emprunter le Pont de la Confédération et rejoindre l’île du Prince Édouard (46,50 CAD).Au niveau du temps, également, c’est assez contraignant : la traversée dure 5 heures et il y a pas mal de route pour rejoindre Souris depuis le Québec (comme je suis la seule conductrice, nous avons étalé cela sur plusieurs jours).Cependant, il règne une ambiance vraiment très chaleureuse et festive sur le bateau et on a adoré faire l’expérience de la traversée ! À bord, pas de wifi mais plusieurs bars, une brasserie qui met en valeur les produits du terroir madelinot, des espaces pour se reposer…
  • Prendre l’avion depuis le continent : Air Canada Express et Pascan proposent des vols depuis Québec, Gaspé ou Montréal. Sur place, vous pourrez louer un véhicule/un scooter via l’Agence de Location des Îles, organiser des transferts avec votre hôtel ou encore vous déplacer à vélo…
  • Prendre le bus depuis Québec

Pour en savoir plus, je vous invite à lire cet article très complet de Jennifer de Moi, Mes Souliers sur les différentes options pour se rendre aux îles de la Madeleine.

Où dormir ?

Lors de ce séjour, nous avons testé 3 hébergements proposant des formules différentes.

Formule complète (hébergement et activités) à la Salicorne

À la Salicorne, chaque chambre est dédiée à la mémoire d’un membre de la communauté. Comme la plupart des habitants partagent le même nom de famille, on les désigne par le nom de leur père. Ici : Ernest, fils de Daniel.

Nous avons passé deux nuits à l’auberge de la Salicorne : un établissement qui propose nous seulement l’hébergement mais organise également une foule d’activités pour les voyageurs, un peu dans l’esprit de certains écolodges où nous avons séjourné : excursions en kayak, pêche aux coques sur la plage, rencontres avec les pêcheurs, visites natures avec un guide…

Excursion en kayak de mer à la Salicorne.

Nous avons adoré notre bref séjour à la Salicorne ! L’équipe est aux petits soins pour vous assurer un séjour mémorable. L’hôtel est vraiment très beau avec des vues splendides sur la nature et le Golfe. Chaque chambre est décorée de façon unique et rend hommage à une personnalité locale, liée à un membre de l’équipe. Une de nos guides, Kim, m’a ainsi soufflé que nous dormions dans la chambre… de son grand-père. Enfin, on y déguste une cuisine savoureuse qui fait la part belle aux produits locaux.

Un des déjeuners à la Salicorne. Miam !

Le détail qui fait plaisir : la baignoire à pied dans la chambre.

La Salicorne propose une variété de formules aux voyageurs (et même des emplacements de camping si vous voyagez avec un budget réduit). Plus d’infos sur le site web de la Salicorne.

En appartement meublé au Presbytère

On a beaucoup aimé la déco et les couleurs de notre petit studio au Presbytère !

Nous avons passé 2 nuits dans un petit studio meublé avec une vue imprenable sur les falaises à Hâvre-aux-Maisons. Décoré avec goût, équipé de tout le matériel nécessaire (cuisine équipée, machine à café…) et situé juste à côté de la route 199, c’est un point de chute idéal pour visiter les îles.

Au petit matin ou le soir, au coucher du soleil, vous pouvez faire une petite balade sur la plage située à deux pas et profiter de superbes points de vue. Infos et réservation

Chambre design avec vue à l’Auberge du Port

Notre chambre à l’Auberge du Port.

En 2016, deux frères (Claude et Jean-Yves) et leurs conjointes respectives (Linda et Jeanne) ont repris les rennes d’un motel tombé à l’abandon, juste à côté du port de Cap-aux-Meules. Le défi était énorme : de gros travaux s’imposaient pour remettre l’immeuble en état et lui donner une nouvelle vie. Retroussant leurs manches, les nouveaux propriétaires se sont mis au boulot et ils ont fait des miracles !

Lors de notre séjour à l’Auberge du Port, certaines chambres étaient encore en cours de rénovation : il faut dire que l’équipe ne se contente pas d’une remise en état sommaire. Chaque chambre est aménagée et décorée avec le souci du détail et dotée d’une atmosphère qui lui est propre. La chambre où nous avons séjourné offrait tout le confort qu’on peut attendre d’un hôtel haut de gamme avec, en plus, un balcon et une jolie vue sur le port. La chambre disposait également d’un frigo et d’un four à micro-onde.

Le restaurant de l’hôtel, le Loufoque, propose un vaste choix de déjeuners à la carte qui mettent en valeur les produits madelinots. Ne manquez pas les « nattes dorées », ces beignets en forme de tresse typiques des îles. Une bonne adresse, même si vous ne séjournez pas sur place !

La fameuse natte dorée, une spécialité des îles !

Où manger ?

Vous vous en doutez, aux Iles de la Madeleine, la mer est à l’honneur dans l’assiette ! Au moment de notre voyage, en pleine saison du homard, celui-ci était évidemment la star des menus. On peut le déguster sous toutes ses formes : en coquille (juste bouilli), en salade, en sandwich, en poke bowl et même en poutine !

Le loup-marin (phoque) est servi dans quelques établissements. Nous n’en avons pas goûté de toute façon puisque nous ne consommons plus de viande (juste du poisson de façon occasionnelle).

Par ailleurs, les restaurants favorisant les produits madelinots dans l’assiette, vous trouverez les fromages de la fromagerie du « Pied-de-vent », les bières de la brasserie « À l’abri de la Tempête » ou encore le hareng boucané du Fumoir d’Antan régulièrement au menu !

Linguine au Pied-de-Vent au resto Les Pas Perdus.

Au niveau des restaurants, nous avons eu des expériences diverses : quelques bonnes surprises et quelques tables franchement pas terribles.

Nous vous partageons ici nos coups de coeur :

  • Le Bistro du Capitaine à Hâvre-aux-Maisons (à noter qu’ils ont également ouvert un snack « Le petit Capitaine » où nous n’avons pas mangé) : goûtez les fish & chips !
  • Le Café d’chez Nous à Cap-aux-Meules : une des seules adresses sur les îles à proposer des plats végé, voire vegan. Ils font également de l’excellent café !
  • Les Pas Perdus à Cap-aux-Meules : très bons burgers (possibilité de demander un burger végé)
  • Le Loufoque à Cap-aux-Meules (cf ci-dessus) pour le déjeuner
  • Le Decker Boy à Fatima pour une pizza sans façon, dans un cadre familial et décontracté (leur pizza aux fruits de mer est réputée)
  • Chez Armand à Fatima pour le club sandwich au homard

Ambiance piano bar au Café d’chez Nous.

Pour un repas à emporter ou à cuisiner dans votre hébergement :

Un concours pour visiter les Iles de la Madeleine

Ce voyage vous fait rêver ? Participez au grand concours #tripauxiles ! Il vous suffit de poster sur Instagram ou d’envoyer par e-mail une photo illustrant la thématique « Mon trip aux îles, 12 mois par an ». Il ne doit pas s’agir d’une photo prise aux Iles. Infos et règlement du concours #tripauxiles.

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