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Saveurs du monde

Sarre : l’autre visage gourmand de l’Allemagne

Si on m’avait dit qu’un jour, je me délecterais d’un repas dans un restaurant gastronomique allemand, je ne l’aurais probablement pas cru. Et pourtant, l’impensable est arrivé dans le plus petit land allemand, dont j’ignorais jusqu’alors totalement l’existence : la Sarre (ou Saarland) !

Comme toujours, sauf mention contraire, les photos et textes restent notre propriété exclusive. Pour plus d’infos, consultez notre disclaimer.

Il y a quelques années, nous avions réservé un city-trip à Berlin. L’offre incluait un repas dans un restaurant allemand. Toujours partante pour tester de nouvelles saveurs, c’est avec l’appétit curieux que je m’étais attablée à l’une des grosses tables de bois de l’établissement. Le menu comprenait une soupe de pommes de terre, un plat de viande et un dessert dont j’ai peine à me souvenir. En tout cas, ma mémoire est formelle sur ce point : malgré mon réel désir de découvrir la cuisine allemande, je n’avais pas du tout été convaincue par l’expérience.

Depuis, la cuisine allemande, j’évite. Bon, je ne dis pas non à une occasionnelle currywurst en guise de snack ou à la traditionnelle choucroute du Nouvel An (on est Liégeois et on le reste !), mais ça s’arrête là. Pourtant, quand l’Office du tourisme d’Allemagne m’a proposé de découvrir ce pays sous l’angle culinaire, j’ai sauté sur l’occasion de revoir mon opinion et, spoiler alert, je n’ai pas été déçue !

L’Allemagne à la française

Starters, s'Olivo, Saarbrücken

« Ah ouf, vous parlez français ! » s’est exclamé à notre arrivée le serveur du restaurant s’Olivo, première étape gastronomique de notre séjour allemand. Il faut dire que de Saarbrücken, on va en France en tram tellement c’est proche. Et aussi que cette petite région a été française à quelques reprises au cours de son histoire.

Mais alors, on mange dans un resto français ce soir ? Presque : la cuisine est clairement d’inspiration française et méditerranéenne mais le directeur de l’établissement, lui, est bel et bien allemand. Son nom, c’est Jens Jakob et il a obtenu 2 étoiles au prestigieux guide Michelin pour son autre établissement, « Lenoir ».

Tapenades, s'Olivo, Saarbrücken Falafel, s'Olivo, Saarbrücken

D’ailleurs, la Mainzer Strasse, où se situe s’Olivo a presque des airs de galaxie gastronomique : à quelques centaines de mètres à peine se trouve le « Gästehaus Erfort », 3 étoiles. Juste en face de ce dernier, il y a la pâtisserie de Quanah Schott qui a travaillé entre autres avec Pierre Hermé avant de revenir régaler les papilles allemandes dans sa Sarre natale.

Quanah Schott, Saarbrücken Pâtisseries par Quanah Schott, Saarbrücken

Bon, ok, on peut très très bien manger en Allemagne. Mais on ne peut pas vraiment dire que l’on aie testé la cuisine locale (sauf pour les vins) au s’Olivo. Je reste sur ma faim, au sens figuré, parce qu’au sens propre, nous sommes rassasiés…

Tafeltour

Le lendemain, au programme, il y avait de nouveau un lunch dans un restaurant local (le landhotel Saarschleife) suivi d’une promenade le long de la boucle de la Sarre. Original ? Pas vraiment pour la région : j’ai repéré tout un tas de possibilités de balades (à pied ou à vélo) combinées à des repas à de bonnes tables dans le coin. On les appelle « tafeltour ». Ça me parle ce concept !

Cette fois, le menu a un caractère beaucoup plus local dans le sens où les produits qui le composent viennent pratiquement tous de la région : mirabelle glacée dans notre apéritif, ail des ours du jardin dans la sauce de mon filet de truite, cidre d’un producteur local…

Saarschleife, Saarbrücken Saarschleife's kitchen, Saarbrücken

La cuisine est fine et raffinée. Le patron de l’établissement vient nous rencontrer et nous explique sa philosophie : des produits locaux mais une cuisine internationale, capable de satisfaire les palais et éventuelles restrictions alimentaires des clients qui viennent du monde entier.

Une nouvelle fois, on se régale ! Et si la cuisine n’est pas traditionnelle, elle a cependant le goût prononcé de cette verte région d’Allemagne.

La cuisine du peuple

Mais notre exploration de la face culinaire de la Sarre n’aurait pas été complète si nous avions ignoré la cuisine simple et locale, héritée des ouvriers et travailleurs des mines. Peu de moyens et un besoin énorme d’énergie : deux contraintes qui ont propulsé la pomme de terre au titre d’ingrédient de choix de la cuisine locale.

Saarländische gefüllte klöße, Saarbrücken

Ainsi, l’un des plats les plus populaires de la région est le « gefilde », une sorte de gnocchi de pomme de terre géant, en forme de boulette, farci de viande hachée ou de légumes. Il est nappé d’une sauce crémeuse aux lardons et accompagné de choucroute. Nul besoin de vous dire que c’est le genre de repas qui vous cale l’estomac pour un bon moment ! D’ailleurs, Karl n’est pas arrivé au bout de son assiette ! Pour accompagner ce genre de recette, la bière s’impose. On est en Allemagne tout de même ! Et nous avons trouvé l’endroit idéal pour combiner les deux : Stiefel Brau, la plus ancienne brasserie encore en activité de la ville.

Stiefel Bräu, Saarbrücken

Et pour clôturer le séjour, le lendemain, c’est dans un petit snack que notre guide nous a emmené pour déguster… de la saucisse. Vous le savez si vous avez voyagé en Allemagne : chaque région a sa « wurst ». Mais j’ignorais qu’on pouvait déguster cette spécialité dans des petits snacks bio et trendy, pour un prix plancher, avec des frites de patates douces et une sauce maison au Kalinski ! Au menu, il y avait des Rostwurst (saucisses grillées) blanches ou rouges et des « Schwenkbraten Rostwurst ». Bon, on était clairement dans un autre univers que celui des restos gastronomiques mais assis sur une terrasse au soleil, un verre de bière en guise d’accompagnement, c’était juste parfait !

Schwenkbraten Rostwurst, Saarbrücken

En pratique

La Sarre est située à 130 km à peine de la ville d’Arlon en Belgique et à 70 km de Metz en France. Vous pouvez y accéder en train ou en bus, depuis la gare de Luxembourg ville (environ 1h de route).

Sur place, pas mal de possibilités d’hébergement. On a testé l’hôtel Leidinger, situé dans la gastronomique Mainzer Strasse, avec ses chambres design et modernes.

Les activités dans le coin incluent la randonnée, le vélo… Mais aussi des lieux à voir comme le centre d’exposition du fabricant de vaisselle, céramique et carrelage Villeroy & Boch (très intéressant et amusant à faire malgré ce qu’on pourrait penser de prime abord) ou encore le site de Völklinger Hütte, un énorme complexe industriel sidérurgique classé à l’Unesco et la villa romaine de Borg.

Bref, une bonne petite destination pour un citytrip original et gourmand.

Cet article vous a motivé à dépasser vos préjugés et découvrir la face gastronomique de l’Allemagne ? N’hésitez pas à consulter le site de l’office du tourisme d’Allemagne où vous trouverez plein d’infos sur le sujet.

Encore plus de découvertes vous attendent en Allemagne

Cet article a été rédigé dans le cadre d’un partenariat avec l’office du tourisme allemand. Les opinions exprimées restent cependant les nôtres !

 

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