Activités

J’ai testé pour vous : la Via Ferrata avec le vertige à Charlevoix

Se balader à flan de falaise, à 600 mètres d’altitude, retenue par un harnais d’escalade et deux mousquetons. « Jamais de la vie ! » me serais-je sans doute exclamée il y a quelques mois si vous aviez ne serait-ce qu’évoqué la possibilité de parcourir une Via Ferrata. Mais ça, c’était avant !

Nous avons pu tester gratuitement cette activité dans le cadre d’un partenariat avec Charlevoix Tourisme. Comme d’habitude, nous gardons toute liberté éditoriale sur le contenu de cet article et notre enthousiasme est sincère.

Avoir un blog de voyage implique parfois de se retrouver dans des lieux où vous n’auriez jamais mis les pieds de votre propre chef. Sur un éperon rocheux à plus de 600 mètres d’altitude, par exemple. Littéralement collée sur la falaise. Avec à peine la place pour vos deux pieds.

Pour vous donner une idée de l’épreuve que cela représente pour moi, voici quelques éléments qu’il est utile de savoir sur ma personne.

  • Je déteste grimper en haut d’une tour pour profiter du panorama sur une ville… à moins qu’il y ait un grillage qui arrive au moins à hauteur de mes épaules. Quand il n’y en a pas, je m’éloigne le plus possible de la rambarde et je rase littéralement les murs.
  • Je ressens une véritable douleur dans les jambes quand je suis sur un balcon au premier étage d’un bâtiment et que je contemple l’espace qui me sépare du sol.
  • J’ai des palpitations quand je vois quelqu’un s’approcher du bord d’une falaise pour prendre un selfie.

Face au vide, je ne peux m’empêcher de me représenter en pleine chute. Voire de m’imaginer me jeter dans le vide. À part ça, je suis une fille plutôt normale.

Cela dit, pour une raison obscure, en préparant le programme de notre passage dans ce qui est souvent considéré comme la plus belle région du Québec avec Tourisme Charlevoix, je n’ai pas jugé utile de mentionner que j’avais le vertige. Et lorsque j’ai reçu notre itinéraire final et lu les mots Via Ferrata, je me suis dit : « pourquoi pas ? ».

Et c’est ainsi que je me suis retrouvée là ! 😀

Voie ferrée

Mais au fait, la Via Ferrata, vous connaissez ? Ce nom d’origine italienne signifie littéralement « voie ferrée ». En gros, des ancrages métalliques par lesquels passe un câble métallique, des échelons, des marches, des rampes et d’autres éléments tels que des poutres, des ponts suspendus etc. sont fixés le long d’une parois rocheuse. Équipé•e d’un baudrier auquel sont fixés des mousquetons qui permettent de s’accrocher aux différents éléments, on progresse le long d’un parcours défini. Tantôt à l’horizontale, tantôt à la verticale.

La Via Ferrata, c’est ça !

La première Via Ferrata à vocation touristique a été aménagée en Autriche en 1843 ! La technique a ensuite été utilisée par l’armée italienne pour aménager des passages rapides pour les troupes dans les Dolimites. Après la seconde guerre mondiale, de plus en plus de parcours ont été aménagés. Aujourd’hui, on peut pratiquer la Via Ferrata un peu partout dans le monde.

La vie suspendue à un fil

C’est sous un ciel gris que nous nous présentons au rendez-vous à l’accueil du Parc National des Grands Jardins. Je ne vais pas vous mentir, je suis un peu stressée, même si je n’en montre rien ! Et puis, il y a toujours ce moment super agréable où tu signes un formulaire déclarant que tu es au courant du risque mortel que présente l’activité que tu vas pratiquer. Même pas peur ! 😀

Jean-Nicolas, notre guide, nous équipe pour l’aventure : on reçoit un baudrier, auquel sont accrochés 3 mousquetons, et un casque. Avant le départ, on prend le temps de vérifier une dernière fois le bon état de l’équipement : celui de l’absorbeur d’énergie, en particulier. « C’est un élément super important en cas de chute », nous explique Jean-Nicolas. Il s’agit en fait d’une sangle cousue sur elle-même dont les coutures se déchirent en cas de chute, ralentissant celle-ci. On vérifie donc, avant le départ, que les coutures sont encore intactes tout en espérant ardemment ne pas en avoir besoin.

Jean-Nicolas, notre guide, nous montre la falaise où on va se retrouver quelques minutes plus tard. « Eh oui, les gars ! »

Une fois parés pour le parcours, nous nous mettons en route, à pied, jusqu’au point de départ. En chemin, nous avons déjà l’occasion d’admirer quelques beaux points de vue, mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend !

C’est parti pour un petit échauffement à pied pour atteindre le point de départ.

La paroi d’exercice

Avant de nous attaquer au parcours proprement dit, Jean-Nicolas nous emmène à une paroi d’exercice où il nous explique les rudiments de la Via Ferrata. En Via Ferrata, vous disposez de 2 longes terminées chacune par un mousqueton. Le principe, c’est d’accrocher ces mousquetons aux éléments de la paroi et de les déplacer au fil de la progression. On veille bien sûr à ne pas décrocher les 2 mousquetons en même temps : on les déplace l’un après l’autre, on avance, on s’arrête pour les déplacer à nouveau et ainsi du suite…

Sur la paroi d’exercice, on apprend les bons gestes avant de se lancer sur le parcours.

Notre baudrier est également équipé d’un troisième mousqueton relié à une longe : la longe de repos. Nous pouvons l’accrocher à un élément du parcours lorsque nous avons besoin de nous reposer un peu. Une fois qu’il est accroché, on peut se lâcher et se laisser aller de tout son poids sur le baudrier pour admirer la vue. Bon, j’avoue, en théorie, c’est cool mais dans la pratique, je ne suis pas sûre de pouvoir lâcher prise à ce point !

L’astroblème de Charlevoix

Il y a 400 millions d’années, une météorite s’est écrasée à Charlevoix (qui ne s’appelait pas encore Charlevoix bien sûr :-D). C’est à elle que l’on doit le magnifique relief de la région et notamment ces falaises sur lesquels je me retrouve suspendue.

Malgré les nuages et la brume, la vue est plutôt pas mal !

Dans un premier temps concentrée sur ma progression, et surtout occupée à raisonner mon esprit que tout va bien, j’en oublie presque d’admirer le paysage. Heureusement, Jean-Nicolas nous rappelle à l’ordre : « N’oubliez pas de vous retourner de temps en temps ! »

« N’oubliez pas de vous retourner de temps en temps. » En effet, il aurait été dommage de rater ça !

Il a bien raison ! Du haut du parcours de la Via Ferrata, on profite d’une vue absolument magnifique sur l’astroblème (l’impact laissé par la météorite) de Charlevoix. Même si le temps est nuageux, ces paysages sont d’une majesté incroyable et, malgré mon vertige, je me sens vraiment chanceuse de pouvoir profiter de ce point de vue unique !

Avec la brume, l’ambiance est sombre et mystérieuse à souhait.

Quand elle se lève, le spectacle est encore plus magique !

Au fil du parcours, je prends confiance et je commence à vraiment profiter de l’instant. Malgré mes mains un peu écorchées par la roche que j’aggripe sans doute avec un peu trop d’empressement, malgré la fatigue dans mes bras et dans mes jambes, je me sens extrêmement bien. Je suis fière d’avoir dépassé ma peur et j’arrive à faire confiance à mon corps pour m’amener à bon port : finalement, il s’en sort très bien ! Et j’ai même rendu mon absorbeur d’énergie complètement intact. 😉

Petite pause sur un mini bout de rocher pour boire un coup (d’eau bien sûr !).

En pratique

La Via Ferrata au Parc National des Grands Jardins

2 parcours de Via Ferrata sont proposés au Parc National des Grands Jardins :

  • la Montée : un parcours de 650 mètres de niveau intermédiaire (durée : 5 heures)
  • la Traversée : un parcours de 350 mètres de niveau débutant (durée : 3h30)

Nous étions partis pour réaliser la Montée mais nous avons finalement décidé en cours de route de nous limiter à la Traversée (à cause du temps et parce que Karl ne se sentait pas super à l’aise). Si vous n’avez jamais fait de Via Ferrata, je vous conseille d’opter pour la Traversée : tous les éléments sympa du parcours (pont népalais, poutre…) sont présents.

Le tarif 2018 est de 47,50 CAD pour la Traversée par adulte. 76,25 CAD pour la Montée. Toutes les infos pratiques se trouvent sur le site officiel du Sépaq.

La Via Ferrata au Québec

Il existe plusieurs parcours de Via Ferrata au Québec et il existe même une sorte de passeport Via Ferrata qui vous donne droit à des réductions si vous voulez en pratiquer plusieurs.

Le Parc National des Grands Jardins

Voici un des paysages que l’on rencontre au Parc National des Grands Jardins.

Bien entendu, la Via Ferrata n’est pas la seule activité proposée au Parc National des Grands-Jardins. Ce parc est d’ailleurs tout à fait particulier : ravagé par des feux de forêt dans les années 90, il présente des paysages uniques et des terres brûlées progressivement reconquise par la végétation. On y retrouve aussi des milieux nordiques de taïga, exceptionnels à cette latitude.

Le secteur d’Arthabaska au Parc National des Grands Jardins.

Nous y avons passé une nuit en prêt à camper dans le secteur d’Arthabaska. C’est vraiment une chouette formule si vous voyagez sans équipement de camping : des hébergements en dur, à mi-chemin entre le chalet et la tente, avec tout l’équipement nécessaire (y compris un frigo et une cuisinière à gaz !).

Notre prêt-à-camper au Parc National des Grands Jardins.

Nous étions situé juste à côté du lac d’Arthabaska, fréquenté par les castors. Nous avons loué une planche de stand-up paddle et un kayak pour glisser sur le lac en fin d’après-midi, c’était top !

Petit sortie improvisée en stand-up paddle.

Karl a préféré le kayak.

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