Carnets de voyage

Road trip : le Québec, de microbrasserie en microbrasserie

Avis aux amateurs de mousse ! Le Québec regorge de microbrasseries plus créatives et qualitatives les uns que les autres. Le fil rouge idéal pour un road trip inoubliable du Bas Saint-Laurent à la Côte Nord, en passant par les îles de la Madeleine et la Gaspésie !

En préparant notre voyage au Québec, je dois vous avouer que j’ai souvent été découragée par l’immensité du territoire. Que faire ? Que voir ? Par quel bout attaquer cette province ? J’avais envie de découvrir des paysages et des parcs nationaux mais aussi d’aller à la rencontre des Québécois, d’observer les baleines, de me nourrir exclusivemnt de sirop d’érable de savourer les produits du terroir…

Quand je me retrouve confrontée à l’impossibilité de faire des choix, une de mes stratégies consiste à trouver une thématique, un fil rouge. Il peut s’agir d’un pélerinage sur les sites UNESCO d’une région, sur les lieux de tournage d’une série ou d’un film, dans des villes évoquées dans un roman… ou encore de spécialités gourmandes. Évidemment, je ne me contente pas de cocher une bucket list, le fil rouge dicte la direction générale et je profite de chaque arrêt pour explorer.

J’ai trouvé le fil rouge de ce voyage en recherchant des idées de road trips en Gaspésie. On m’avait souvent parlé de la beauté de cette région que j’imaginais comme une lointaine cousine de la Bretagne, avec des phares et de jolies routes le long des falaises (je n’étais pas trop loin du compte). Lorsque j’ai vu apparaître sur mon écran la route des bières de l’est du Québec, un itinéraire à la découverte de 15 microbrasseries dans le territoire maritime du Québec, j’ai su que j’avais trouvé le fil rouge idéal !

Boire de la bière de microbrasserie avec ce genre de vue ? Je signe où ? 😀

20 jours, plus de 100 bières

Dans cet article, je vous emmène en road trip avec nous :

  • en détaillant chaque arrêt dégustation dans les brasseries visitées de la route des bières de l’Est du Québec et quelques arrêts supplémentaires sur la Côte Nord
  • en citant les lieux d’intérêt à visiter aux alentours
  • en partageant quelques jolies photos de nos expériences

Je reviendrai plus en détail sur certains arrêts et activités dans de prochains articles car j’ai beaucoup de choses à vous dire. Je vous reparlerai aussi du phénomène des microbrasseries dont on a parfois du mal, en Europe, à mesurer l’importance. On va commencer par l’itinéraire !

Il y a du choix à la microbrasserie le Naufrageur !

Nous avons réalisé cet itinéraire sur une durée totale d’environ 20 jours. Comptez un mois pour le réaliser vraiment à votre aise. Si vous n’avez pas suffisamment de temps, n’hésitez pas supprimer quelques étapes (la partie sur les îles de la Madeleine peut facilement faire l’objet à elle seule d’un autre voyage par exemple).

Au niveau du budget, je vous indique un maximum d’informations dans l’article, à vous de faire vos calculs ! Selon vos choix en matière d’hébergement ou d’activités, cela peut effectivement grandement varier. Nous vous l’indiquons également dans l’article : voyager entre amis, à 2 couples, peut vous faire réaliser de belles économies au Québec car la plupart des hébergements peuvent accueillir 4 personnes. Notez que les prix sont repris à titre indicatif et peuvent évoluer : vérifiez toujours leur exactitude auprès des prestataires concernés.

En ce qui concerne le véhicule, nous avons comparé les offres de location de voiture au Canada sur Carigami et nous avons opté pour une offre à 862 € pour 32 jours de location (soit 27 €/jour environ). Le prix du carburant lors de notre passage était d’environ 1,3 $/litre.

Attention, au Québec, de nombreux prix sont affichés hors taxe. Pour les restos et les activités, n’oubliez pas de compter un pourboire (vous trouverez des infos sur les pourboires au Québec sur ce site).

En complément à cet itinéraire, n’hésitez pas à vous munir d’un bon guide de voyage. De notre côté, on a opté pour la version numérique du guide Le Québec aux éditions Ulysse.

Bon à savoir : dans la plupart des microbrasseries, une formule dégustation est proposée et permet de découvrir un assortiment des bières à la carte, dans des verres de format plus petit. C’est comme ça que nous sommes parvenus à dépasser les 100 bières dégustées tout en prenant des notes et des photos ! 😀

Ça, c’est deux palettes de dégustation à la microbrasserie Le Malbord.

J’en profite pour remercier l’équipe de Québec Maritime qui nous a aidé à définir cet itinéraire et nous a apporté un support logistique sur place. Leur expérience et leur connaissance du territoire nous a permis de faire un voyage mémorable ! Si vous préparez un voyage dans cette destination, je vous recommande vraiment d’aller faire un tour sur le site Québec Maritime qui est vraiment très complet et inspirant. 

Bonne lecture !

Disclaimer : on ne vous encourage évidemment pas à boire et conduire. La plupart des arrêts détaillés ci-dessous peuvent se faire en soirée, après vos visites de la journée, et sont situés à proximité immédiate d’hôtels et hébergements. Soyez prudents !

Stop 1 : Tête d’Allumette

265, route 132 Ouest
Saint-André de Kamouraska

En bref

Bière avec vue à la microbrasserie Tête d’Allumette. Je vous laisse deviner quel verre était à qui.

Des bières brassées sur feu de bois que l’on déguste dans un cadre de rêve : sur la terrasse d’une demeure centenaire, avec vue sur le fleuve Saint-Laurent et les montagnes de Charlevoix. Si le temps le permet, allez-y pour le coucher du soleil et profitez à fond du spectacle.

À voir/à faire en chemin

Le phare du Parc de l’Ancien-Quai à Saint-André.

Le ravissant petit village de Kamouraska, avec ses boutiques, galeries d’art et artisans. Le parc de l’Ancien-Quai de Saint-André pour découvrir le milieu naturel particulier de l’estran.

On vous en parlait dans cet article sur la route des Navigateurs.

Où dormir ?

À Rivière-du-Loup, par exemple, à une vingtaine de minutes de Saint-André. Nous avons logé à l’Auberge de la Pointe, idéalement située le long de la route 132 mais pour un budget relativement élevé (comptez 138 $ la nuit pour une chambre dans le Pavillon de la Mer, avec vue sur le fleuve. Des chambres économiques à 94 $ sont également proposées). Mais il y a évidemment plein d’autres options d’hébergement à Rivière-du-Loup, dans toutes les gammes de prix.

Si vous avez encore un peu soif, ne manquez pas la brasserie Aux Fous Brassants située dans le centre de Rivière-du-Loup. Elle figure elle-aussi sur la route des bières de l’Est du Québec.

Stop 2 : À l’abri de la tempête

286 Chemin Coulombe,
L’Étang-du-Nord (Îles de la Madeleine)

En bref

Je ne sais pas vous mais moi, je suis fan de ce slogan !

Bon, pour rallier cette brasserie, nous avons dû parcourir 800 kilomètres en voiture puis prendre un ferry pendant 5 heures. Est-ce que cela en valait la peine ? Sans hésitation : oui ! Mais ne vous lancez dans ce périple que si vous avez au minimum 7 jours devant vous (comptez le temps de faire le trajet jusqu’au ferry puis de profiter minimum de 5 jours sur place).

Côté bières, la brasserie propose ses classiques (de la Cale Sèche, une blonde légère à la Corps Mort, une extra-forte réalisée avec du malt fumé au hareng) que l’on peut déguster un peu partout au Québec mais aussi des bières éphémères (les palabres) et des bières d’exception en exclusivité.

Ma préférée est la Belle Saison, une bière de saison rafraîchissante et parfumée aux herbes des îles.

À voir/à faire en chemin

Aux Îles de la Madeleine, on voit tout le temps la mer, les falaises de sable rouge, les dunes… Je ne m’en lasse pas !

Visiter les îles de la Madeleine, bien sûr ! Il y a de quoi faire ! J’ai consacré tout un article à cette destination unique qui m’a littéralement charmée.

Où dormir ?

Voici 3 hébergements testés et approuvés aux îles :

Stop 3 : Le Naufrageur

586 Boulevard Perron,
Carleton-sur-Mer

En bref

Après les îles de la Madeleine, place à la Gaspésie ! On reste dans le thème maritime avec la brasserie du Naufrageur. Celle-ci a fait beaucoup parler d’elle au Québec en sortant la Gose-sur-Mer, une bière brassée avec… de l’eau salée de la Baie des Chaleurs. On vous rassure : l’eau est traitée de manière à ne représenter aucun risque pour la consommation. Au niveau du goût, c’est assez surprenant au premier abord mais on s’habitue assez vite à ce côté sûret et étonnamment rafraîchissant.

Un Naufrageur, c’est quelqu’un qui provoque des naufrages pour piller les navires. Pas cool !

Cependant, si vous nous demandez notre avis, ce n’est pas la Gose-sur-Mer qui mérite le plus qu’on s’y attarde mais bien la West Coast, une cream ale pale ale absolument savoureuse, brassée avec le houblon citra qui lui confère de belles notes fruitées. Apparemment, c’est une des chouchoutes du staff et on comprend pourquoi !

Perdue dans mes pensées. Je me demande probablement laquelle je préfère !

Si vous avez un petit creux, n’hésitez pas à manger sur place. Bien avant de se lancer dans la production de bières, l’équipe à la tête du Naufrageur a lancé La Mie Véritable, une boulangerie-pâtisserie artisanale de haute qualité (ne manquez pas leurs croissants et pains au chocolat !). Lors de notre passage, le pub ne proposait que de la petite restauration (dont une inoubliable pizza au saumon fumé !) mais s’apprêtait à élargir sa carte avec des petits plats mettant à l’honneur les produits locaux.

À voir/à faire en chemin

On a beaucoup aimé l’ambiance de la petite ville de Carleton-sur-Mer. Si vous passez par là, ne manquez surtout pas la Brûlerie du Quai où l’on a dégusté notre meilleur café de Gaspésie. Et tant que vous y êtes, craquez pour une part de gâteau au chocolat de Chaleur B Chocolat, du bean to bar de haute qualité.

On valide la terrasse de la Brûlerie du Quai ?

Pour une vue panoramique sur la Baie des Chaleurs, rendez-vous au sommet du Mont Joseph, à 555 mètres d’altitude (rassurez-vous, vous pouvez monter en voiture). En principe, l’accès est payant mais lors de notre passage, il n’y avait personne. On y a également repéré plusieurs sentiers de randonnée.

Une vue imprenable sur la Baie des Chaleurs.

Enfin si, comme nous, vous rêviez d’être paléontologue dans votre enfance, ne manquez surtout pas le parc national de Miguasha. Sur ce site exceptionnel, en bordure de la baie des Chaleurs, on a retrouvé (et on retrouve encore) une quantité impressionnante de fossiles de l’âge des poissons (le Dévonien). Une exposition fascinante (entrée : aux alentours de 20 $/adulte) permet d’en apprendre plus sur les origines de la vie sur terre et les premiers vertébrés.

Admirez comme je lis avec attention !

Une occasion d’observer de près des fossiles impressionnants.

Véritable star du musée, l’Empereur de Miguasha, est un fossile complet d’Elpistotege Wastoni d’1,60 mètre de long. Ce poisson est en fait le dernier chaînon de l’évolution avant l’apparition des animaux à 4 pattes (ce n’est pas celui sur la photo).

Après l’expo, il est possible de se balader le long des falaises sur un petit sentier aménagé.

Où dormir ?

Il y a plein d’options d’hébergement à Carleton-sur-Mer, dans toutes les gammes de prix. Nous étions logés à l’Hostellerie de la Baie Bleue, un grand hôtel très confortable, tout près de la brasserie des Naufrageurs (comptez aux alentours de 115 $ la nuit pour une chambre double régulière).

Relâche : descente de la rivière Bonaventure

Parce qu’il faut bien faire descendre toutes ces bières et pour ne pas se dégouter (si, si, c’est possible !), on vous suggère de faire comme nous et de profiter de votre passage dans la région pour descendre la rivière Bonaventure en canoë, kayak ou stand-up paddle.

Sous ce ciel gris, ce n’est pas flagrant mais cette rivière est super limpide.

Cette rivière à saumon, d’une limpidité incroyable, traverse de magnifiques paysages de forêts en pleine nature. Avec un peu de chance, vous pourrez peut-être observer un castor en train de nager à proximité de votre embarcation (nous on n’en a pas vu, snif !). La rivière est également fréquentée par des pêcheurs, ce qui permet d’admirer la technique bien particulière de la pêche à la mouche.

Quelques (gentils) rapides apportent un peu de piment à la descente qui reste cependant accessible à tous. Il est possible de se baigner pendant la descente mais l’eau est généralement très froide. 😀

Pendant la descente de la rivière. Je ne tiens pas ma rame bizarrement, je viens de la changer de côté. 😀

Cette activité très populaire en été peut être réalisée avec ou sans guide via Cime Aventures. On a testé la formule « L’Explorateur », avec guide . Vers 10h, une navette vous emmène depuis le centre d’accueil au lieu de départ de la descente. Tout l’équipement est fourni sur place (embarcation, veste de flottaison…). La descente se termine aux alentours de 17h30, avec une pause à midi pour pique-niquer au bord de la rivière : vous pouvez amener votre nourriture ou commander votre lunch box. On a testé et approuvé la box végé 🙂

Rencontre avec un kayakiste poilu lors de notre arrêt pique-nique 😉

Il est également possible de louer une embarcation et de faire la descente sans guide (à partir de 59 $ par adulte, taxe incluse, en haute saison). Même si vous n’avez pas de guide attitré, la descente est surveillée par un membre de l’équipe de Cime Aventures qui peut porter assistance en cas de besoin.

Où dormir ?

L’idéal pour pouvoir profiter de votre soirée bien tranquille après la descente de la rivière, c’est de loger sur place. Cime Aventures propose en effet plusieurs formules d’hébergement : de l’emplacement de camping à l’écologis sur pilotis, tout aménagé.

Glamping de luxe dans notre éco-logis tout en bois.

Nous avons dormi dans l’écologis « Sagitaire », un nid ultra-douillet qui peut accueillir jusqu’à 4 personnes et dispose d’une jolie terrasse au milieu des arbres (bon, la pluie battante de ce soir-là nous a empêché d’en profiter mais ça avait l’air très chouette !). En haute saison, comptez 160 $/nuit + 8 $/lit pour la literie si vous n’avez pas la vôtre. Si vous voyagez à 2 couples, c’est vraiment une bonne formule.

Notre terrasse, en plein coeur de la végétation.

Pour un budget plus réduit, vous avez également des prêt-à-camper en tipi (80 $ pour un tipi de 4 personnes en haute saison) ou en yourte (jusqu’à 6 personnes – 100 $/nuit en haute saison).

Toutes les infos sur les écolodges Cime Aventures

Stop 4 : Pit Caribou

27 rue de l’Anse, l’Anse-à-Beaufils (attention uniquement vente, pas de dégustation sur place)

ou

182, route 132 Ouest, Percé

En bref

On se réjouissait vraiment de découvrir cette brasserie dont on avait entendu beaucoup de bien et on n’a pas été déçu ! Nous avons de plus eu l’opportunité de visiter les installations de la brasserie, habituellement fermées au public, et d’en apprendre plus sur cette microbrasserie et sa philosophie.

Shooting photo devant la microbrasserie.

Pit Caribou fait figure de pionnier dans la microbrasserie de la région. D’abord, en 2007, ses 3 fondateurs ont été les premiers à ouvrir une microbrasserie à l’Est du Québec. Depuis le départ, l’idée était de valoriser les ressources locales, notamment en cherchant à développer la culture d’orge brassicole localement. Plus récemment, l’équipe de Pit Caribou a milité pour obtenir l’autorisation de produire des bières à fermentation spontanée (bières qui fermentent uniquement par l’action des levures présentes dans l’air). Enfin, Pit Caribou travaille en collaboration avec de nombreuses autres microbrasseries, mettant parfois ses installations à disposition de microbrasseurs qui débutent, les conseillant…

Pit Caribou a milité pour pouvoir produire des bières à fermentation spontanée au Québec.

Ce que l’on retient de notre visite, c’est l’inventivité et la créativité de cette microbrasserie. Outre ses bières classiques, on a notamment goûté une Stout Espresso bio (réalisée en collaboration avec une brûlerie locale) vraiment délicieuse ainsi que plusieurs bières sûrettes (c’est la grande mode de côté de l’Atlantique) savoureuses.

À voir/à faire en chemin

Sur la route de Bonaventure à Percé, nous avons fait un arrêt au site historique du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac. L’occasion de se plonger dans l’histoire de la pêche à la morue et du commerce de la morue salée séchée, une activité florissante en Gaspésie du XVIIème au XVIIIème siècle. Quand on pense aux activités commerciales au Canada après l’arrivée des européens, on pense spontanément à la fourrure mais on ne réalise pas que la pêche était tout aussi importante et qu’elle également marqué toute l’histoire de la région. Même si certains aspects de la visite du site historique nous ont moins plu (notamment la projection d’un film un peu bizarre), je pense que cela vaut la peine de s’y arrêter pour avoir quelques clés de compréhension supplémentaires pour comprendre la Gaspésie.

Un ancien entrepôt où l’on stockait notamment les barils de morues séchées salées destinées à l’export.

Sur la route entre Pasbébiac et Percé, nous sommes tombés par hasard sur une super adresse : Chez Alexina. Une épicerie fine avec petite restauration : des produits frais, bien cuisinés et des options végé. N’hésitez pas à vous y arrêter !

Une fois arrivé•e à Percé, l’incontournable, c’est le Parc National du Rocher Percé et de l’Île Bonaventure. Prévoyez une journée complète pour bien en profiter. Une excursion en bateau depuis Percé qui vous emmène découvrir le spectacle incroyable de la nature au sein de la plus grande colonie de Fous de Bassant. On vous en reparlera dans un autre article plus prochainement car c’est un de nos tous grands coups de coeur du voyage !

Arrivée au Parc National de l’île-Bonaventure et du Rocher Percé

On vous recommande également une toute bonne adresse pour savourer les produits de la mer (homard, poisson, fruits de mer…) : la Maison du Pêcheur à Percé. Probablement l’une des meilleures tables de notre voyage en Gaspésie.

Enfin, pas très loin de Percé, au Val d’Espoir, se trouve la microbrasserie mythique de Gaspésie : la brasserie Auval (son fondateur est d’ailleurs l’un de ceux qui a lancé Pit Caribou) dont les bières se classent parmi les meilleures du monde sur les sites de notation de bières Untappd ou Ratebeer. Vu le succès, la quantité de bouteilles que vous pouvez y acheter est d’ailleurs limitée. Une mesure qui n’est pas sans rappeler celle mise en place par notre abbaye d’Orval nationale (Auval, Orval, c’est proche non ?).

Où dormir ?

On a dormi à l‘hôtel-motel Fleur de Lys, situé le long du quai à Gaspé, avec vue sur le rocher Percé et à deux pas du départ des croisières vers le Parc National. On vous le recommande ! Comptez entre 80 et 100 $ la chambre avec vue sur « mer ».

Stop 5 : Cap Gaspé

286 boulevard de York Sud
Gaspé

En bref

Petite nouvelle dans le cercle des microbrasseries québécoise, Cap Gaspé est un projet porté par un père (Claude) et sa fille (Audrey-Anne). Ils ont commencé par brasser leurs bières à la maison, pour la famille et les amis, en se basant sur un livre de brassage acheté quelques années plus tôt par Audrey-Anne, avant d’en faire une activité professionnelle.

Audrey-Anne nous fait visiter les installations de la microbrasserie Gaspé.

Tout un symbole : la brasserie est située dans un ancien entrepôt Molson (pour vous situer, c’est un peu comme InterBrew ici : un grand industriel de la bière).

Dans le pub attenant à la brasserie, on déguste les créations du duo : pas mal de bières fruitées, sûrettes et légères.  Particularité : les nouveautés sont préparées en petite quantité et ce sont les clients qui votent pour les bières qu’ils souhaitent retrouver à la carte.

À voir / à faire en chemin

Malheureusement, nous n’avons pas eu le temps de découvrir Gaspé (qui compte apparemment quelques bonnes adresses gourmandes), ni de visiter le Musée de la Gaspésie. Mais, à refaire, je pense qu’on prendrait le temps d’y aller.

Nous avons plutôt tailler la route vers le Parc National Forillon qu’il ne faut surtout pas manquer si vous voulez découvrir la nature et la faune sauvage canadienne ! On a eu l’occasion d’y observer des baleines (dont une baleine à bosse aperçue depuis notre emplacement de camping ! :-O), des porcs-épics, des phoques (lors d’une superbe sortie en kayak de mer avec Cap Aventure, on vous en reparlera !)… Bref, un séjour magique !

Sortie en kayak de mer à la rencontre des phoques avec Cap Aventure

On est allé jusqu’au bout du monde au Parc National de Forillon !

Où dormir ?

Il y a de nombreuses possibilités d’hébergement à Gaspé. Vous pouvez également dormir au Parc National Forillon en camping ou en prêt-à-camper oTENTIK. C’est ce qu’on a fait et c’était tout simplement merveilleux ! Depuis l’ère de camping, on a même vu une baleine à bosse batifoler dans l’eau ! Bon ok, on l’a vue grâce à nos jumelles mais quand même ! Comptez aux alentours de 120 $ la nuit pour une tente équipée. Vous trouverez toutes les infos sur l’hébergement au Parc National Forillon sur le site de Québec Maritime.

Notre prêt-à-camper oTENTIK, sous un ciel étoilé.

Stop 6 : le Malbord

178, 1ère avenue Ouest
Ste-Anne-des-Monts

En bref

Plus qu’un simple espace de dégustation, la microbrasserie du Malbord est avant tout un espace convivial où habitués et amateurs de bière de passage se retrouvent pour passer un bon moment. En plus des bières, on déguste de bons petits plats de style pub (mais sans friture !) qui mettent à l’honneur les produits du terroir. J’ai particulièrement apprécié la pizza au saumon fumé à froid de Cascapedia. L’espace accueille également des événements culturels : concerts, soirées karaoké, match d’impro, etc.

Le soleil est bas et éblouit l’atmosphère au Malbord.

Toutes les bières produites par la brasserie portent des noms qui font référence à des personnages ou à la culture gaspésienne. On a par exemple goûté « Le Voile de la Mariée », une bière blanche brassée au chanvre local et bio dédiée à la source mère de la Haute-Gaspésie.

À voir / à faire en chemin

Sur la route entre le Parc National Forillon (étape précédente) et Sainte-Anne-des-Monts*, faites un arrêt au phare du site historique de Pointe-à-la-Renommée de l’Anse-à-Valleau. On a beaucoup apprécié la visite de ce phare à l’histoire hors du commun : mis hors d’usage dans les années ’70, le phare a été transporté à Québec pour orner le site de la Garde côtière canadienne. 20 ans plus tard, 3 femmes se sont mobilisées pour le ramener sur son site d’origine et sont parvenues à leurs fins ! #womenrules 😉

Le phare de la Pointe de la Renommée

Lors de la visite du phare, vous entendrez également plein d’anecdotes vraiment passionnantes sur les gardiens de phare et leurs familles, venus s’isoler sur ce petit bout de terre sans personne à la ronde, ainsi que sur la vie en Gaspésie au 19ème et 20ème siècle.

À côté du phare, un petit musée est consacré à Guglielmo Marconi, le célèbre inventeur à qui l’on doit notamment la télégraphie sans fil.

Par ailleurs, de Sainte-Anne-des-Monts, vous êtes à 45 minutes du Parc National de la Gaspésie qui vaut vraiment le détour avec ses paysages de montagnes et ses lacs ! D’autant qu’il y a de grandes chances d’y apercevoir des orignaux.  On vous recommande d’y passer minimum une journée. De nombreuses possibilités de randonnée s’offrent à vous dans le parc et il y en a pour tous les niveaux. On vous en reparle plus en détail dans un prochain article.

Coucou le petit orignal !

Sur le chemin vers le Parc National de la Gaspésie, faites un arrêt gourmand à la boulangerie Marie 4 Poches (111 boulevard Sainte-Anne Ouest), une de nos boulangeries préférées en Gaspésie !

Petit déjeuner chez Marie 4 Poches

* Notez que la brasserie Au Frontibus, qui fait également partie de la route des bières de l’est du Québec, se trouve aussi sur la route entre le Parc National de Forillon et Sainte-Anne-des-Monts. Malheureusement, nous avons trouvé porte close lors de notre passage. 

Où dormir ?

Nous avons passé 2 nuits aux chalets Valmont plein air, dans un joli chalet coloré, complètement équipé et capable d’accueillir 2 couples. En haute saison, comptez 190 $ la nuit, taxes incluses. Comme souvent au Québec, on s’est souvent dit que ce serait un bon plan économiquement parlant de voyager entre amis.

Les chalets colorés de Valmont plein air

Pour d’autres options de logements à Sainte-Anne-des-Monts, jetez un oeil sur Booking.

Stop 7 : Saint-Pancrace

55, place Lasalle
Baie-Comeau

En bref

On quitte la Gaspésie (et la route des bières de l’Est du Québec) pour la Côte Nord (un traversier vous permet de rejoindre Baie-Comeau depuis Matane, comptez 48,80 $ par véhicule + 20 $ par adulte) ! Dans la petite ville industrielle de Baie-Comeau, à première vue pas vraiment animée, se cache une petite pépite : la brasserie Saint-Pancrace, une de nos brasseries préférées du voyage.

Bienvenue à la brasserie St-Pancrace !

Dans la catégorie « ingrédients originaux », on peut difficilement faire mieux que cette microbrasserie qui propose tout de même une bière… au crabe, la Crâââbe Bitter. Bon, on doit être honnête, on ne goûte pas vraiment le crabe à la dégustation et cette bière ne nous a pas laissé un souvenir marquant. Par contre, la Tête de Cheval, une bière blanche à l’argousier (petit fruit boréal) est devenue ma bière préférée du Québec !

En plus des bières, la microbrasserie propose une carte de restauration vraiment sympa qui met à l’honneur les producteurs locaux. La poutine à la bière et au fromage Boivin vaut vraiment le détour !

À voir / à faire en chemin

Avant de prendre le traversier à Matane, dites au revoir en beauté à la route des bières de l’Est du Québec en faisant un arrêt à la Fabrique pour déguster des bières (encore) mais aussi pour manger !  Ne manquez pas les frites qui sont excellentes (paroles d’experts). S’il fait beau, vous pourrez profiter d’une petite terrasse vraiment agréable.

La microbrasserie La Fabrique à Matane

À 40 minutes de route de Baie-Comeau, allez faire un tour du côté du parc nature de Pointe-aux-Outardes : un des meilleurs sites d’observation des oiseaux au Québec, géré par une organisation à but non lucratif. On y retrouve pas moins de 9 écosystèmes distincts (forêt boréales, battures, plage, dune…) sur un territoire plutôt réduit (2 km2). 10 km de sentiers découvertes, agrémentés d’abris d’où l’on peut observer les oiseaux à l’abri des maringouins ou simplement se poser pour lire un bouquin en pleine nature, jalonnent le parc.

Balade dans le parc nature de Pointe-aux-Outardes

Il y a aussi un petit jardin arrangé avec des éléments recyclés, de manière à offrir aux oiseaux qui fréquentent le parc la nourriture mais aussi les éléments dont ils ont besoin pour construire leur nid. J’aurais bien aimé m’y poser une heure ou deux, juste pour méditer et observer le va-et-vient des oiseaux et des écureuils.

Dans un tipi, Wabush partage avec les visiteurs du parc un peu de sa culture innue. Il raconte la pêche, la chasse, la trappe mais parle aussi avec émotion de l’histoire des Premières Nations et de leurs difficultés aujourd’hui. Nous avons eu la chance de savourer avec lui du banique maison (sorte de pain), des confitures de baies et fruits de la forêt boréale et du thé du Labrador. Merci Wabush !

Wabush nous montre le traineau de son père.

Petit festin préparé à notre intention par Wabush. Miam !

Où dormir ?

On ne les a pas testés mais on a visité les nichoirs prêt-à-camper du parc nature de Pointe-aux-Outardes et on s’est juré de revenir en profiter si on en trouve l’occasion ! Chacun dédiés à un oiseau qui fréquente le parc, ces hébergements insolites ont été aménagés avec le concours d’une artiste locale, spécialiste de la récup’. Ils sont vraiment uniques et ultra originaux : dans l’un d’entre-eux, vous dormez dans un véritable nid. Dans un autre, des filets de catamaran vous permettent de dormir ou de vous relaxer suspendu•e à quelques mètres de sol.

La Chouette Lapone, l’un des nichoirs prêt-à-camper du parc nature de Pointe-aux-Outardes.

À partir de 155 $ taxes incluses pour les moins chers qui peuvent accueillir jusqu’à 5 personnes.

Infos et réservations sur le site du parc nature de Pointe-aux-Outardes

Stop 8 : microbrasserie Tadoussac

145 rue du Bord de l’Eau
Tadoussac

En bref

Entre une croisière d’observation des baleines et une visite du Centre d’Interprétation des Mammifères Marins, la brasserie Tadoussac est un arrêt quasi obligé ! Dans une atmosphère hyper chaleureuse et familiale, on déguste sa mousse avec vue sur la baie de Tadoussac sur la terrasse en bois ou perché sur un tabouret haut à l’intérieur, avec vue sur les installations de la microbrasseries. Les bières sont produites avec la volonté d’utiliser au maximum du houblon et du malt québécois.

La microbrasserie Tadoussac

On peut également se restaurer sur place mais nous n’avons pas testé.

À voir / à faire en chemin

Qui dit Tadoussac dit évidemment baleines ! Si ce mammifère marin exerce sur vous la même fascination que sur nous, c’est une étape incontournable : le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent est en effet un des meilleurs (si pas le meilleur) site d’observation des baleines au monde. Et, la bonne nouvelle, c’est que les sorties d’observation des baleines s’effectuent dans un cadre très régulé afin de ne pas déranger les cétacés et d’assurer au maximum leur conservation.

Depuis Tadoussac, vous pouvez notamment partir en croisière d’observation des baleines avec la compagnie AML. Nous sommes partis à bord du bateau AML Grand Fleuve, un gros bateau à 2 niveaux (la compagnie propose également des sorties en zodiac). À bord, une guide-naturaliste apporte des explications sur les cétacés et commente en direct les observations. C’est une formule familiale et accessible à tous, avec l’inconvénient qu’on peut être relativement nombreux à bord. Comptez 70 $ hors taxe par adulte.

Pendant notre croisière, nous avons eu la chance d’observer plusieurs cétacés !

Si vous cherchez une expérience plus exceptionnelle et physique, faites quelques kilomètres vers les Bergeronnes et partez observer les baleines en kayak de mer avec Mer et Monde Écotours (67 $ + taxes pour la demi-journée). Si c’est parfois plus compliqué de bien voir les cétacés quand on est occupé à pagayer et qu’on est balloté par les vagues (d’autant qu’on laisse une bonne distance de sécurité avec les baleines), la sensation d’émerveillement est juste incomparable !

Observer les baleines en kayak, une expérience inoubliable.

On vous reparlera de ces activités plus en détails dans un prochain article.

Par ailleurs, on vous recommande chaleureusement d’aller faire un tour au CIMM (Centre d’Interprétation des Mammifères Marins) de Tadoussac (entrée adulte : 12 $ + taxes). Géré par des chercheurs, ce centre d’interprétation à but non lucratif a pour mission d’aider à une meilleure compréhension des mammifères marins pour mieux les protéger. On y apprend 1001 choses sur les géants du Fleuve Saint Laurent, non seulement au travers de supports didactiques, mais surtout en discutant avec des chercheurs qui sont là pour répondre à toutes vos questions. Attention, si vous êtes comme nous, prévoyez du temps. On a discuté plus de deux heures ! De chouettes activités sont également proposées pour les enfants, comme une initiation au chant de baleine (bon ok, on avoue, on a participé aussi :-D).

On a pu observer de près les squelettes de baleines et de rorquals au CIMM.

Où dormir ?

On a testé deux hébergements très différents pour cette dernière étape :

  • les chalets Shipek, gérés par la communauté innue d’Essipit : de très beaux chalets en bois tout équipés avec une superbe vue sur le fleuve Saint-Laurent (en haute saison pour 2 personnes : 145 $/nuit + taxes)
  • l’hôtel Tadoussac, situé en plein coeur du village de Tadoussac avec un grand parking (bien pratique vu la fréquentation du village !). Un grand hôtel très confortable : on a particulièrement apprécié l’accueil chaleureux de l’équipe à l’accueil et au resto ! À partir de 125 $ la nuit en occupation double.

Coucher de soleil aux chalets Shipek. Vous me voyez sur la terrasse, emmitouflée dans ma couverture ? 

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