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Carnets de voyage

Rando et bivouac dans la forêt d’Ardenne

Pas besoin de traverser les océans pour renouer le contact avec Mère Nature… La forêt d’Ardenne, ensorcelante et mystérieuse, nous a offert une pause enchantée le temps d’un week-end en bonne compagnie.

L’été, c’est surfait. Oui, oui, j’ose le dire ! Prenez une belle journée de fin septembre, des températures douces, un ciel bleu où traînent paresseusement quelques cumulus ouatés et, dans les arbres, un nuancier de couleurs, du jaune au brun en passant par le rouge et l’orangé…

Paysage d'Ardenne

À vos pieds, le sol a conservé des touches de vert : un tapis de mousse, un éventail de fougères. Mais champignons et pommes de pin rappellent que l’été touche à sa fin.

Forêt d'Ardenne

Au petit matin, au crépuscule, ou même en pleine journée si ça lui chante, le Roi de la Forêt donne un concert exclusif et fascinant.

L’automne est là, avec toute sa majesté. L’été, c’est surfait. Point à la ligne.

Randonnée dans la forêt d’Ardenne

Sur invitation de Visit Ardenne, nous avons chaussé nos bottines de rando et sorti nos sacs à dos pour un week-end au cœur de la forêt ardennaise. Maxime (Trekking et Voyage), Pauline (Madame Bougeotte) et Alice (Tippy.fr) étaient également de la partie. Julien (Les sentiers du Phoenix) était notre guide.

Parce qu’on est Belges jusqu’au bout des ongles, c’est autour d’une bonne bière que nous nous sommes retrouvés un vendredi soir pour finaliser le plan du week-end. Plus précisément à Poix-Saint-Hubert, au restaurant-brasserie Les Gamines. Sur un mur, une carte de la province du Luxembourg situant toutes les micro-brasseries du coin donnait le ton. Au menu, pas de bière industrielle ou d’étiquette : la mousse est sacrée. Nous en avons profité sans retenue car 1) nous étions 2 à fêter notre anniversaire ; 2) on dormait sur place avant le départ du lendemain.

Dégustation de bières belges

Cartes des micro-brasseries de la région, Brasserie restaurant Les Gamines

Samedi matin, nous avons rejoint en voiture le hameau de Pisserote, sur le Plateau des Tailles, puis nous nous sommes enfoncés dans la forêt pour une randonnée d’environ 18 km. Si le tracé vous intéresse, rendez-vous sur le blog de Maxime pour tous les détails pratiques, il vous expliquera tout ça bien mieux que moi. De mon côté, je vais plutôt tenter de retranscrire ici quelques émotions ressenties lors de cette immersion au cœur de la nature.

Écouter le murmure des arbres

Écorce d'arbre

Dans notre époque désacralisée, la forêt garde quelque chose de magique. En tout cas pour moi…

Les rayons du soleil qui transpercent la canopée donnent à la forêt des airs de cathédrale végétale.

Forêt d'Ardenne et rayons du soleil

Au détour d’un chemin, un arbre mort couvert d’amadouviers m’évoque un totem.

Arbre mort couvert d'amadouviers

J’ai lu récemment que les arbres communiquent entre eux au travers d’un réseau qui s’apparent à un Internet sylvestre. Le Wood Wide Web est rendu possible par un champignon microscopique dont les filaments constituent une sorte de fibre optique naturelle.

Arbres de la forêt d'Ardenne

Il faudra sans doute encore des siècles à l’être humain pour percer le secret des arbres (espérons qu’il en reste d’ici-là !). Mais en attendant, rien ne nous empêche d’aller nous perdre dans la forêt et de tendre l’oreille pour percevoir le murmure des arbres…

Se réchauffer au coin du feu

Feu de camp lors d'un bivouac en forêt d'Ardenne

Après une journée forte en émotions (on a entendu et aperçu un cerf bramer en pleine journée, surpris un chat sauvage (!), une couleuvre et une famille de sangliers), nous établissons notre camp dans l’une des aires de bivouac Escapardenne du Parc Naturel des Deux Ourthes (aire Les Tailles, voir la carte ici). L’équipement est rudimentaire : pas de sanitaire, juste une aire délimitée par des potelets en bois, un espace pour le feu avec une grille, des troncs d’arbre en guise de bancs…

Nous passerons la nuit dans une tente de bivouac Quick Hiker de la marque Quechua (Decathlon). Compacte et facile à monter, c’est une solution idéale pour ce genre d’aventure. Ce sera également pour moi l’occasion de tester le sac de couchage Forclaz 0° (verdict : même si j’ai eu un peu de mal à me réchauffer au début à cause de l’humidité ambiante, je me suis réveillée bien au chaud !).

Bivouac en Ardenne tente Quechua Quick Hiker

Après avoir rassemblé du bois mort, nous nous installons autour du feu pour un petit barbecue bien mérité… La nuit nous encercle et limite le monde à notre petit cercle. Martin Dellicour, chasseur d’images de talent, nous rejoint pour nous raconter au coin du feu quelques-unes de ses plus belles prises.

Dégustation d'Old Clyde au coin du feu

Pour se réchauffer, un peu de « rhum » wallon (Old Clyde)

Quand le bois s’épuise, nous rejoignons notre tente pour une nuit bercée par le brame du cerf. Un vrai concert se joue à quelques pas de nous et nous réveille par alternance. Blottie dans mon sac de couchage, j’imagine les confrontations et les duels, même rituel qui se poursuit chaque année depuis la nuit des temps.

Glisser au fil de l’eau

Naviguer en packraft sur le lac de Nisramont

Pour terminer le week-end en beauté, nous nous rendons au Lac de Nisramont. Nous avons troqué nos sacs de rando de la veille par un autre sac à dos au contenu insolite : un packraft. Le packraft, c’est une sorte de canoé gonflable, transportable dans un sac à dos de rando.

Randonnée en Ardenne avec packraft

Le packraft tient dans un sac à dos Arpenaz 40 de Quechua

Le concept ? Vous marchez puis, une fois arrivé près d’un cours d’eau navigable, vous le déployez pour continuer votre chemin sur l’eau. Ça a l’air simple, non ? Eh bien, en vrai, ce n’est pas bien plus compliqué : il faut attraper le coup de main pour gonfler son embarcation, c’est vrai, mais il ne faut que quelques instants pour comprendre le principe.

Gonflage du packraft

Une fois sur l’eau, je suis surprise par la légèreté et la stabilité de l’embarcation : moi qui ai généralement mal aux bras après 2 minutes, je me sens vraiment à l’aise et confortablement installée sur mon packraft.

Par ce temps superbe, glisser sur le lac est un vrai plaisir. L’eau joue les miroirs et nous offre un spectacle magnifique. Pour un peu, on se croirait au Canada…

Parc naturel des Deux-Ourthes

La meilleure bière

Parce qu’il fallait bien boucler la boucle, nous terminons ce week-end comme il a commencé : avec une bonne bière ! Et pas n’importe laquelle : nous profitons de notre présence dans la région pour visiter la brasserie Lupulus, à Gouvy. La Lupulus, c’est une de mes bières préférées et je me réjouis de découvrir son mode de production.

Brasserie Lupulus

Julien Gobron nous ouvre les portes de la brasserie. Son papa, Pierre Gobron, est bien connu dans le monde de la bière belge : il a créé la Chouffe. Après le rachat de sa bière par Duvel, Pierre Gobron a fondé une nouvelle brasserie avec ses 2 fils : la brasserie des 3 Fourquets, qui brasse notamment la Lupulus (Lupulus ça veut dire « petit loup » et ça évoque aussi le nom latin du houblon : Humulus Lupulus).

Julien Gobron, Lupulus

Outre la brasserie que l’on peut visiter, le bâtiment compte un bar, un shop et une belle terrasse où il fait bon passer du temps un dimanche après-midi. Bien installés, nous profitons des derniers rayons du soleil de cette belle journée de septembre en rêvant à la douche qui nous attend à la maison… La meilleure bière, n’est-ce pas celle qu’on partage, après un week-end au grand air ?

Dégustation de bière Lupulus

En pratique

Randonnée et bivouac en Ardenne belge

Ce ne sont pas les possibilités qui manquent si vous voulez vous balader dans nos forêts ardennaises ! Le Parc naturel des deux Ourthes, où nous avons passé ce week-end, regorge de possibilités et a la particularité de compter quelques aires dédiées au bivouac si vous voulez prolonger l’expérience par une nuit en forêt.

Plus d’infos sur le site d’Escapardenne

Quel équipement prévoir pour un bivouac en Ardenne ?

Comme je le précise dans l’article, les aires de bivouac Escapardenne ne sont pas équipées de sanitaire, ni de point d’eau. Veillez donc à emporter suffisamment d’eau avec vous, de la nourriture, de quoi faire du feu et à emporter un sac pour reprendre vos déchets (seul le papier WC usagé peut être laissé sur place à condition d’être enterré).

Une bonne tente, un sac de couchage et un matelas fin sont de rigueur pour passer une nuit confortable. Nous étions équipés de la tente Quick Hiker de la marque Quechua, d’un sac de couchage Forclaz 0° Helium pour moi et du matelas de trek Forclaz Air.

Je ne suis pas trop bivouac…

Il y a plein d’options d’hébergement dans le coin : gîtes, B&B, hôtels… Nous avons passé une nuit à l’hôtel Val de Poix (juste en face de la gare de Poix-Saint-Hubert => bon à savoir si vous venez en train) qui était très confortable et joliment décoré. En plus, on mange très bien au restaurant de l’hôtel (Les Gamines).

croquette de fromage

L’incontournable croquette de fromage, à la brasserie-restaurant « Les Gamines »

Je veux tester le packraft !

Contactez Luc : il vous concoctera une journée rando-packraft pour tester ce mode de transport insolite !

Je veux visiter la brasserie Lupulus

Vous trouverez toutes les infos pratiques et les horaires sur le site de Lupulus.

Ce week-end a été organisé pour nous par Visit Ardenne. Merci à eux ! Comme toujours, nous gardons pleine liberté éditoriale sur le contenu et notre enthousiasme est sincère !

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