En pratique

Observer les animaux sauvages au Québec

Où admirer les baleines, apercevoir un bébé orignal, observer des phoques prendre le soleil sur les rochers ou avoir une chance de voir de vos yeux le mythique caribou ? Voici notre sélection de spots et activités pour les amoureux de la nature au Québec.

De tous les pays où j’ai eu la chance de voyager, il y en a deux qui se distinguent clairement pour l’opportunité fantastique qu’ils offrent d’observer la faune sauvage dans son milieu naturel : l’Afrique du Sud et le Canada (dont je n’ai visité principalement qu’une province : le Québec).

Quand on décide de voyager au Canada, l’une des motivations principales est souvent l’envie de se reconnecter à la nature et aux grands espaces. Et même si certains ont les jetons de tomber nez à nez avec un ours en pleine rando (Moi ? Noooon, pas du tout. Je pensais juste très fort à Léo dans The Revenant le soir, sur le chemin entre ma tente et le local de douche dans les parcs nationaux), il faut avouer qu’on a tous « voir une baleine/un orignal/un castor/un caribou/un écureuil (oui, oui, même si ça fait rire les Québécois) dans notre bucket-list mentale pour un voyage au Québec.

Observer les Fous de Bassan sur l’Île Bonaventure…

Voici donc en exclusivité mondiale, les lieux et activités que l’on vous recommande pour observer les animaux sauvages du Québec dans des conditions optimales.

Observer les animaux sauvages : quelques règles de base

Faut-il vous rappeler qu’observer la faune sauvage implique le respect des règles élémentaires pour ne pas perturber les animaux ou modifier leurs comportements ? En gros :

  • on observe à distance
  • on évite de crier (même si on est super excité•e)
  • on ne touche pas
  • on ne nourrit pas
  • on ne suit pas l’animal comme un f***ing stalker et, si on est à plusieurs, on ne l’encercle pas pour qu’il puisse s’en aller quand il en a envie

Mon conseil : prenez des jumelles. C’est quand même mieux que le zoom de l’appareil photo de votre smartphone.

Quand tu scrutes l’horizon pour repérer les baleines..

Les Parcs Nationaux du Québec

Le Parc National, c’est généralement le spot idéal pour observer la faune locale. Chaque parc a ses spécificités et les chances d’apercevoir tel ou tel animal seront plus ou moins élevées selon les cas.

Avec un peu de chance, vous apercevrez des animaux lors de vos randos sur les sentiers des parcs. Mais vous pouvez également participer des activités spécifiques organisées par le parc ou ses partenaires comme des safaris photos, des balades accompagnées par des naturalistes ou encore des excursions pour observer les phoques ou les baleines.

On n’a pas visité tous les Parcs Nationaux du Québec mais voici ceux par où nous sommes passés.

Parc National de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé

En route vers le Parc National de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé

Ce parc national a la particularité d’être accessible uniquement en bateau puisqu’il est situé au large de la ville de Percé. Il se visite en une journée puisqu’on ne peut pas dormir sur place.

La star des lieux, c’est lui : le Fou de Bassan.

Le Fou de Bassan

Ce grand oiseau de mer au plumage blanc et jaune fréquente l’Île Bonaventure en masse entre fin mai et octobre pour y donner naissance à des petits. Alors, même si vous avez la poisse, je peux vous dire que les chances d’en observer, et même de très près, s’élèvent à 100%. La colonie comptant plus de 100 000 individus.

La colonie compte près de 100 000 individus !

Outre le Fou de Bassan, vous aurez l’occasion d’observer une foule d’oiseaux de mer, des phoques et même, avec de la chance, quelques rorquals lors de la traversée. L’endroit est un véritable garde-manger pour toute la faune marine et du coup, ça grouille !

En approchant de l’île en bateau, on distingue déjà une multitude de Fous de Bassan.

Infos pratiques sur le site du Parc National de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé

Parc Forillon

Situé au bord des falaises, ce parc couvre un territoire de 244,8 km2. Pour en profiter à fond, n’hésitez pas à dormir sur place dans votre propre tente ou en formule prêt-à-camper !

Côté animaux, vous pourrez peut-être la chance comme nous apercevoir des baleines en vous promenant le long des falaises, voire même depuis votre emplacement de camping (si, si, on en a fait l’expérience !).

C’est également au Parc Forillon que nous avons croisé nos premiers porcs-épics.

Saviez-vous que les porcs-épics grimpent aux arbres ? Maintenant oui !

L’ours noir habite également le territoire du parc (on vous demandera d’ailleurs de respecter des précautions dans le camping). Nous n’en avons pas vu mais nous avons vu… son caca. 😀

Infos pratiques sur le site du Parc National Forillon.

À la rencontre des phoques en kayak de mer

Par ailleurs, si vous avez envie d’observer de près les phoques, vous pouvez aller les observer en kayak de mer avec Cap Aventure. L’activité est proposée de juin à septembre et dure 3 heures. Elle est accessible aux débutants, à partir de 12 ans.

Observation des phoques avec Cap Aventures.

On a testé et on a adoré cette expérience ! On vous donne rendez-vous à 8 heures du matin au point de départ pour vous donner l’équipement nécessaire (combi néoprène, gilet de sauvetage…) et le briefing. Les kayaks 2 personnes sont spécialement équipés pour les sorties en mer : la personne à l’avant dispose de pédales qui permettent de diriger un aviron à l’arrière du kayak.

On distingue les petites têtes des phoques dans l’eau…

Après le briefing, on part en direction d’une échouerie fréquentée par les phoques. Évidemment, on ne s’approche pas tout près des phoques : des distances sont imposées pour ne pas déranger les animaux. Par contre, il arrive que des phoques curieux (surtout les jeunes) se rapprochent vraiment tout près des kayaks.

Regardez la petite tête derrière nous !

Ici aussi, les chances d’apercevoir les phoques sont très élevées. On aperçoit surtout des phoques communs et parfois des phoques gris. Avec de la chance, est également possible d’apercevoir des baleines.

Parc National de la Gaspésie

Le Parc National de la Gaspésie, véritable mer de montagnes, ravira les amateurs de montagne et de rando. Il a été créé en 1937, notamment pour protéger le caribou. Pour avoir une chance de l’apercevoir, il vous faudra cependant gravir le sentier du mont Jacques-Cartier qui culmine à 1 270 mètres d’altitude. Il est accessible du 24 juin au 30 septembre.

Comme nous n’étions pas équipé pour ce type de randonnée, nous avons préféré partir à la recherche de l’orignal, le plus grand cervidé du monde, sur le sentier du mont Ernest-Laforce. Nos efforts de discrétion et d’observation ont été récompensés puisque nous avons pu admirer longuement une femelle et son petit.

Coucou le petit orignal !

Infos pratiques sur le site du Parc National de la Gaspésie.

Parc National des Grands-Jardins

Ce parc situé dans la région de Charlevoix présente des paysages tout à fait particuliers : des zones de terres brûlées en régénérescence, une zone de taïga…

Nous nous y sommes rendus pour tester une activité de Via Ferrata mais nous avons aussi pu y observer des castors sur le lac d’Arthabaska (castors, d’ailleurs, qui n’étaient pas très contents de nous voir voguer en stand-up paddle et kayak sur leur lac).

En stand-up paddle sur le lac d’Arthabaska.

Parmi les espèces un peu plus impressionnantes qui habitent ce parc, citons le lynx, le loup gris, l’orignal, l’ours noir ou le caribou des bois

Pour observer la faune de façon originale, vous pouvez louer un kayak ou un canoë et faire un parcours de 4 heures aller-retour du lac d’Arthabaska au barrage de Wabano.

Infos pratiques sur le Parc National des Grands Jardins

Observer les baleines au Québec

Pas moins de 13 espèces de cétacés fréquent le fleuve Saint-Laurent ! On peut les observer entre la mi-mai et octobre. La période la plus propice est apparemment septembre mais lors de notre voyage, en plein mois de juin, nous avons eu la chance d’admirer de nombreux individus.

La Côte Nord est une région privilégiée pour l’observation des cétacés.

Comme décrit plus haut, il est tout à fait possible d’observer les baleines depuis la terre ferme à certains endroits stratégiques. Mais il faut avouer qu’on est souvent fort loin de l’animal et que, sans jumelles, on ne voit pas grand chose. Pour repérer les baleines, fiez-vous à votre vue mais aussi votre ouïe : on entend généralement le souffle de l’expiration des cétacés.

Pour observer les baleines d’un peu plus près, vous pouvez également embarquer pour une croisière d’observation de mammifères marins ou même aller à leur rencontre en kayak de mer ou stand-up paddle ! Sachez toutefois que la réglementation impose une distance de minimum 400 mètres avec les bélugas et rorquals bleu et 100 mètres avec les autres espèces.

Enfin, si vous empruntez un traversier (ferry) lors de votre voyage, ouvrez l’œil car sur certaines traversées, il n’est pas rare de repérer quelques baleines.

Croisière d’observation de baleines depuis Tadoussac

Tadoussac, c’est un peu la Mecque du whale-watching au Québec. Cette ville située à l’embouchure de la rivière Saguenay est idéalement située pour l’observation des cétacés.

La compagnie Croisières AML propose des croisières commentées au départ de Tadoussac. Différentes formules s’offrent à vous : croisière tranquille dans un gros bateau à deux étages ou expédition en zodiac… On a testé la première option.

Sur le bateau de Croisières AML.

Le gros avantage, c’est la présence d’un•e guide-naturaliste à bord. On apprend plein de choses sur les cétacés et surtout il/elle vous indique dans quelle direction regarder lorsqu’il y a quelque chose à voir. Lorsqu’on a trop froid, on peut rentrer se réchauffer et boire un chocolat chaud à l’intérieur du bateau.

Le désavantage, c’est qu’il y a pas mal de monde dans le bateau. Mais pour les familles, ça reste à mon avis la meilleure option.

Observation des baleines en kayak de mer

Pour une expérience beaucoup plus intense et inoubliable (et plus verte), on vous recommande la sortie en kayak de mer avec Mer et Monde Écotours (Les Bergeronnes). Cette société propose également des sorties en stand-up paddle que l’on n’a malheureusement pas pu tester.

L’excursion en kayak se déroule sur une demi-journée. Comme pour la sortie en kayak de mer à la rencontre des phoques décrite plus haut, on vous fournit tout l’équipement sur place et les modèles de kayak sont adaptés aux sorties en mer.

Observer les baleines depuis un kayak de mer avec Mer et Monde.

Plusieurs moniteurs accompagnent le groupe (nous étions une vingtaine, répartis en petits groupes), assurent la sécurité des participants mais aussi le respect des règles en matière d’observation des cétacés. En même temps, ils donnent plein d’explications sur les cétacés et les autres animaux que l’on peut observer.

Observer les baleines en kayak, une expérience inoubliable.

Soyons clair : les chances de voir des cétacés lors de votre sortie ne sont jamais garanties à 100%. Comme disent les Québécois : « la piscine est grande ». De notre côté, nous avons été chanceux et nous avons pu observer 5 individus (petits rorquals, rorquals communs…).

Même si la distance entre votre embarcation et ces géants des mers est grande, cela n’en reste pas moins super impressionnant et émouvant de les observer sur l’eau.

Bird watching au Québec

Lors de notre road trip au Québec réalisé avec le soutien de Québec Maritime, nous avons fait une étape au Parc Nature de Pointe-aux-Outardes.

Un nichoir aménagé au Parc Nature de Pointe-aux-Outardes.

Il ne s’agit pas d’un parc national mais d’un centre d’interprétation géré par une association sans but lucratif. C’est aussi l’un des meilleurs endroits pour observer les oiseaux au Québec.

L’atout de ce parc naturel et ce qui explique qu’on puisse y observer autant d’espèces (255 espèces différentes y ont été répertoriées), c’est qu’on y retrouve pas moins de 9 écosystèmes distincts (forêt boréales, battures, plage, dune…) sur un territoire plutôt réduit (2 km2).

Le Parc Nature de Pointe-aux-Outardes.

Des abris cosy sont aménagés pour pouvoir observer les oiseaux sans les déranger et sans être dérangé•e par les maringouins (les moustiques québécois). Il faut dire qu’ils abondent et on ne peut pas trop s’en plaindre puisque c’est une autre raison pour laquelle les oiseaux fréquentent ce lieu.

Des abris pour observer les oiseaux de manière discrète…
… et avec tout le confort.

Il y a aussi un très charmant petit jardin où les oiseaux peuvent trouver tout ce dont ils ont besoin pour compléter leur régime alimentaire ou construire leur nid.

Vos chances d’observer des oiseaux varieront selon les périodes (privilégiez l’automne qui est une période de migration : le parc est ouvert jusqu’au 15 octobre).

Dans les villes

Vous n’avez pas l’occasion de vous rendre dans les parcs nationaux du Québec ? Vous faites un city-trip à Montréal ou à Québec ? Vous aurez sans doute au moins l’occasion d’observer les écureuils qui ne sont pas du tout farouches. 😉 C’est d’ailleurs à cela qu’on identifie instantanément un•e touriste européen•ne au Québec : il/elle s’extasie devant ces petits mammifères que certains locaux qualifient de « rats avec une belle queue ».

Un écureuil dans un parc à Québec.

Par ailleurs, la nature est souvent là où ne l’attend pas spécialement. Le parc du Mont-Royal, en plein cœur de Montréal, compte plus de 20 espèces de mammifères et 180 espèces d’oiseaux. Nous y avons repéré une marmotte et un raton-laveur.

Bref, ouvrez l’œil !

Poursuivez le voyage au Québec

Pin

Autres articles à lire

Loading Disqus Comments ...
Loading Facebook Comments ...