Saveurs du monde

Manger à Lisbonne (1/2) : Lisbonne sucré

On m’avait prévenue : malgré les clichés qui lui collent encore à la peau, le Portugal est une destination gourmande aux multiples spécialités culinaires. Certes, on y mange des sardines et de la morue à toutes les sauces. Mais pas que… Loin de là ! Quelques jours n’ont pas suffi à déguster tout ce que la région de Lisbonne à elle seule a à offrir. On dira que c’était une simple mise en bouche, à charge de revanche !


Photos : Charlotte Henrottin. Tous droits réservés sur les textes et images (consultez notre disclaimer pour plus d’infos).
Avec nos remerciements à l’office du tourisme du Portugal pour son soutien dans l’organisation de ce voyage. 

Que manger à Lisbonne : côté sucré

Parce qu’il n’y a pas un voyageur de retour de Lisbonne qui ne s’exclamera pas « pasteis de Belem » lorsque vous lui demanderez ce qu’il a mangé sur place, je commence par le dessert et les spécialités culinaires en mode sucré (je vous parle du côté salé ici). Cet article n’est bien entendu pas exhaustif, je vous y propose mes coups de coeur mais il y a pleeeeeiiiiiinnn d’autres choses à découvrir sur place.

Pastel de nata ou pastel de Belem

Pasteis de Belem

Pastel de Belem, recouvert de cannelle… Mmmmh !

Si vous avez un faible pour le sucre, accrochez-vous ! Votre séjour à Lisbonne mettra votre addiction à rude épreuve. A Lisbonne même, et surtout dans le quartier de Belem, Le dessert que l’on déguste avec ferveur se nomme pastel de nata. Mordez dans cette sorte de petite tartelette au flanc à la croute croustillante et encore chaude, saupoudrée de sucre glace et de cannelle et vous voilà au paradis !

Il existe un tas de pâtisseries dans le centre de Lisbonne qui ont fait de ce petit gâteau une spécialité. Mais le saint du saint, c’est Belem. Et je n’utilise pas ce vocabulaire religieux au hasard car la recette du pastel de nata aurait été mise au point par les religieuses d’un couvent et reprise par des moines du monastère des Hiéronymites (monument à visiter si vous vous rendez dans le coin !). En 1837, les moines ont d’ailleurs ouvert une petite boutique à côté du monastère pour vendre ce divin dessert aux voyageurs de passage (c’était déjà un lieu touristique à l’époque !) et contribuer au financement de leur ordre.

L’affaire a tellement bien marché que cette boutique est encore en activité aujourd’hui ! Si vous passez dans le coin, vous n’aurez aucun mal à la reconnaître. La file s’étend jusqu’en dehors de la boutique. On s’y presse pour acheter un pastel de nata  à 1,30 € que l’on déguste dans le parc d’en face ou, si il y a des tables libres, à l’intérieur de l’établissement.

Bon, je n’ose presque pas vous l’avouer après tous ces commentaires élogieux mais personnellement, je ne suis pas fan du pastel de nata, un peu trop crémeux à mon goût. Par contre, j’ai bel et bien trouvé une addiction alternative…

Les travesseiros de Sintra

Traveisseiros de Sintra

Travesseiro de Sintra

C’est à Sintra que j’ai dégusté mon premier travesseiro, ce qui signifie littéralement « traversin » (vous voyez, ces coussins allongés ?). Un nom on ne peut plus approprié je trouve. En mangeant un travesseiro, j’ai juste l’impression de m’enfoncer dans un coussin moelleux. Oui, vraiment ! Bon, en réalité, l’origine du nom tient sans doute à la forme allongée et rebondie de cette pâtisserie.

Le travesseiro est composé d’une pâte très fine tournée plusieurs fois sur elle-même au coeur de laquelle se trouve une délicieuse pâte d’amande et de l’oeuf. Comme le pastel de nata, il est souvent servi encore chaud et, croyez-moi, cela vaut la peine de se rendre à Sintra rien que pour en déguster (consultez notre article sur Sintra pour découvrir nos bonnes adresses).

Contrairement aux pasteis de nata, les travesseiros ont une origine plutôt récente puisqu’ils sont apparus dans les années ’40 sur les étals de la pâtisserie Piriquita, un établissement renommé de Sintra, en activité depuis le XIXème siècle et toujours ouvert à ce jour. C’est d’ailleurs là que nous avons goûté cette spécialité pour la première fois ! Un véritable coup de coeur.

Traveisseiros spécialité de Sintra

Encore un travesseiro, avec une bonne dose de sucre cette fois !

Mais le travesseiro n’est pas l’unique spécialité de Sintra. Vous pouvez également y déguster les queijadas, sorte de mini tartelettes à la pâte croustillante garnie d’une préparation au fromage frais. Historiquement les queijadas sont d’ailleurs bien plus anciennes que le travesseiro. On en retrouve déjà la trace dans des écrits de 1227 ! C’est dire.

Queijadas, petites tartes de Sintra

Queijadas

Le premier établissement à fabriquer de manière industrielle les queijadas a ouvert ses portes en 1756 et est encore en activité aujourd’hui (Fábrica das Verdadeiras Queijadas da Sapa).

La liqueur de cerise « Ginjinha » ou « Ginja »

Ginja

Tant qu’on parle de sucré, comment ne pas évoquer la fameuse liqueur de griottes servie dans de tous petits verres que les Lisboètes vident d’un trait à l’heure de l’apéro… ou quand l’envie leur en prend.

On déguste cette liqueur dans de tous petits établissements spécialisés où l’on ne sert que ça ou presque. A l’intérieur, pas de table : juste un comptoir. Pour 1,50 €, on vous sert un shot de ginja, avec ou sans griottes que vous videz d’un trait. Personnellement, je le préfère avec la griotte, même si le fruit a un goût un peu acide. Et puis c’est toujours intéressant d’observer l’agilité avec laquelle le barman parvient à faire tomber une cerise du fond de la bouteille dans votre petit verre. Si vous voulez boire votre ginja « comme les vrais », vous êtes censés vider votre verre d’un trait, manger la cerise et cracher le noyau.

A certains endroits, on vous proposera même de déguster cette liqueur dans une toute petite coupe en chocolat noir. L’impression est proche du Mon Chéri, en 10 000 fois mieux bien sûr.

C’est un moine (décidément !) qui aurait inventé ce breuvage en laissant infuser des griottes dans de l’aguardente (le brandy portuguais) avec du sucre, de l’eau et de la cannelle. Cela a plutôt bien fonctionné puisqu’aujourd’hui le succès de cette liqueur est telle qu’on en produit plus de 150 000 litres par an.

Prendre l’apéro dans un petit bar typique fait en tout cas partie des expériences originales à ne pas manquer à Lisbonne pour goûter à la douceur de vivre portuguaise. On vous recommande le bar Ginjinha sem rival situé Rua das Portas de Santo Antão qui sert des shots de ginja depuis 1890.

Encore faim ?

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