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Carnets de voyage

Apprivoiser Bangkok : 2ème tentative

Bruyante, embouteillée, étouffante et fatigante : la première impression laissée par Bangkok sur nos esprits de voyageurs découvrant l’Asie était loin de la carte postale. Mais nous avions bien sentis que nous manquions de temps pour apprivoiser la capitale thaïlandaise et nous étions promis d’y revenir. Chose faite en ce mois d’octobre 2015. Verdict ? On vous laisse le découvrir dans cet article !

Bien installés à l’arrière d’un taxi climatisé, nous regardons défiler les buildings éclairés, oubliant quelques instants le chaos de la circulation autour de nous. Nous voici de retour pour une semaine dans cette mégapole de 6 millions d’habitants. Notre programme nous laisse relativement peu de temps libre puisque nous sommes ici pour participer à une conférence sur le blogging voyage mais nous comptons bien tenter la réconciliation avec Bangkok.

Traffic in Bangkok

Bruyante, pleine de circulation et de travaux… Welcome in Bangkok!

A peine le temps de déposer nos valises dans la petite guesthouse du quartier des affaires de Silom où nous tenterons de récupérer un maximum du décalage horaire et nous nous mettons en quête de notre premier repas sur place. Au menu, streetfood bien sûr ! Je rêve de cette délicieuse soupe de nouilles au poulet (Kuai Tiao Nam Sai) dont je me suis régalée tout au long de notre dernier voyage en Thaïlande.

La soupe arrive, fumante, dans un bol en plastique bleu. Ici, on ne s’embarrasse pas de chichis et d’art de la table. On mange à même le trottoir, sur une petite table en plastique qui me rappelle les années où je jouais à la dinette avec ma petite soeur. Un rouleau de papier WC fait office de serviettes. En lieu et place de sel et poivre, nous avons tout ce qu’il faut pour épicer à notre goût le repas : piment séché, sucre, sauce poisson, vinaigre au piment. Je m’en donne à coeur joie, au risque de m’insensibiliser les papilles. 🙂

I love Thailand, Bangkok

La street-food ! Une des raisons qui me fait dire « je t’aime » à la Thaïlande.

A delicate balance of the tastes, Bangkok

Sur la table en Thaïlande : de quoi épicer les plats à votre goût et, optionellement vous insensibiliser les papilles 😀

Une cuillerée du breuvage fumant suffit, telle une madeleine de Proust, à me ramener 2 ans en arrière. Bonsoir Thaïlande, tu m’avais manqué !

Une fois mais pas deux : les erreurs que nous n’avons plus commises

Le lendemain matin, je me réveille avec le sentiment d’avoir retrouvé un ami perdu de vue depuis longtemps. Le bruit constant du trafic, les trottoirs cabossés, la chaleur humide et les appels incessants des chauffeurs de tuk-tuk ne parviennent pas à chasser le sentiment de bien-être qui m’envahit. Bangkok a-t-elle changé à ce point en 2 ans ? Non, c’est plutôt moi qui ne suis plus la même. Mon état d’esprit a changé, ma manière d’appréhender une destination aussi.

Bangkok moto taxi driver

Les taxi-motos de Bangkok. Un des moyens de transport possibles dans la capitale (à vos risques et périls :-D)

Je n’attends plus que la réalité colle à mes attentes ou mes fantasmes. J’aborde la destination telle qu’elle est : avec ses bons côtés de carte postale et sa réalité parfois glauque. Je ne m’émeus plus de voir un chat poursuivre un cafard dans un night market, je ne cherche plus à tout voir ou tout visiter, je ne m’énerve (presque) plus du harcèlement incessant des chauffeurs de taxis ou de tuk-tuk. Je prends ce que la ville me donne.

Plus spécifiquement, voici quelques erreurs que nous n’avons plus commises :

  • vouloir tout faire à pied (même si nous avons fait une exception lorsque nous traversions la ville en compagnie de notre chère Audrey). A Bangkok, marcher 500 mètres est déjà éprouvant ! Quand les transports en commun ne permettent pas d’atteindre votre destination, prendre un taxi ou un tuk-tuk ne coûte que quelques euros ! Alors ne vous privez pas. Vos pieds et votre bonne humeur vous diront merci 😀 (votre compagnon de voyage aussi ^^)
  • vouloir tout voir : il y a tant de choses à faire et à voir à Bangkok. Il faudrait des semaines pour tout voir ! Plutôt que de cocher la check-list des attractions « à faire » à Bangkok, nous avons préféré consacrer une journée à découvrir les petits quartiers typiques de l’autre côté du fleuve Chao Phraya. Nous avons pris le bateau avec une foule bigarée de moines, locaux et touristes en direction de Wat Arun, le temple de l’aube.
  • ne pas oser dire « non » : à Bangkok, comme dans d’autres villes, vous ne pouvez cacher votre statut de touriste. La couleur de votre peau signifie « argent » et on cherchera par tous les moyens à vous inciter à passer à la caisse. Alors que nous voulions nous rendre à l’embarcadère public, un chauffeur de tuk-tuk nous a emmené à l’embarcadère d’une société privée, proposant des croisières sur le fleuve à bord de jolis bateaux d’époque. Arrivés devant le comptoir, nous nous rendons compte que nous avons été manipulés malgré nous. Il y a deux ans, nous nous serions probablement dit « tant pis » et nous aurions déboursé la somme demandée (pas moins de 50 € par personne !), même si cela ne faisait pas partie de nos plans. Cette fois, nous avons clairement et poliment dit « non » et nous sommes partis, à pied, rejoindre l’embarcadère public, ignorant les propos du chauffeur de tuk-tuk qui tentait de nous convaincre que c’était trop loin.
Young monks crossing the river on a boat to Wat Arun, Bangkok

Sur la navette fluviale vers Wat Arun

Crossing the river, Bangkok

Plants in pots over the Klongs, Bangkok

Les quartiers typiques, loin de Khao San Road

Art and cafe, Bangkok

Petit coffee-shop bienvenu pour une pause rafraîchissante !

3 activités originales à Bangkok

Même si nous avons eu peu de temps libre, ce nouveau séjour nous a permis de découvrir des endroits vraiment sympas et de tester quelques activités originales que nous vous recommandons !

Cours de cuisine végétarienne avec May Kaidee

Som Tam, May Kaidee style

Mmmmmmh Som Tam !

Notre participation à la conférence pour laquelle nous nous sommes rendus à Bangkok nous donnait l’opportunité de participer gratuitement à une série d’activités. Karl ayant décidé il y a quelques mois de devenir végétarien, nous avons profité d’un cours de cuisine végétarienne pour découvrir ce que la gastronomie thaïlandaise peut proposer lorsqu’on a bannit la viande de son alimentation. Car, malgré ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas toujours évident de trouver des plats vraiment végétariens en Thaïlande :

  • les bouillons des soupes sont souvent réalisés à base de poulet ou d’autre viande
  • la sauce d’huître et la sauce poisson sont des condiments de base sans parler de la pâte de crevettes régulièrement utilisée comme base dans la préparation de curry
  • si le tofu est souvent l’un des ingrédients des plats locaux, il est généralement accompagné de scampis, morceaux de poulet…

Bref, nous attendions avec impatience de découvrir une nouvelle facette de la gastronomie thaï. Nous avons surtout fait la connaissance d’un fameux personnage du nom de May Kaidee. Propriétaire de plusieurs restaurants végétariens à Bangkok et d’une école de cuisine, May Kaidee est une self made woman. Son nom (Kaidee) est d’ailleurs un pseudonyme que l’on pourrait traduire par quelque chose comme « bonne affaire » (en anglais « May sells well »).

May Kaidee, Bangkok

May Kaidee, un personnage haut en couleurs !

Nos voyages en Thaïlande nous ont confronté à deux grands extrêmes de la personnalité thaï : il y a les thaïs discrets, presque timides, et effacés et il y a les thaïs exubérants, qui n’hésiteront pas à pousser la chansonnette devant vous (ils adorent chanter) ou à affirmer leur fierté envers leur propre parcours, leur apparence, leurs possessions… May Kaidee fait définitivement partie de la seconde catégorie ! En plus du cours de cuisine, nous avons profité (ou subi selon les personnes) d’un cours de chant (May nous a appris sa « sap song », « sap » signifiant « yummy » en thaï!), d’une initiation à la danse thaï et du visionnage de quelques interviews télévisées de May (ponctués de Look how I’m beautiful! de la part de l’intéressée).

May Kaidee in her cooking class, Bangkok

Malgré tout, May m’est apparue comme extrêmement attachante. Niveau cuisine, nous nous sommes régalés. Les plats étaient fins, goûteux, originaux et diététique. May revisite les classiques de la cuisine thaï à merveille et propose aussi ses propres créations (qui veut du humus de potiron ?).

Noodles with peanut sauce by May Kaidee

Un classique : le pad thaï

Bref, si vous êtes psychologiquement préparé à faire face à la personnalité extravagante de May Kaidee, nous vous recommandons chaleureusement ses cours de cuisine.

Toutes les infos sur le site officiel de May Kaidee (en anglais)

Visite de Bangkok la nuit en tuk-tuk

Expique, tuktuk guided tour in Bangkok

Non, cette photo n’a pas été mise en scène ! 😉

Autre activité proposée dans le cadre de la conférence, testée et approuvée : un tour de nuit de Bangkok en tuk-tuk avec la société Expique. Particularité : les tuk-tuk ne sont pas de simples tuk-tuk, ils sont joliment décorés et très confortables ! Accompagnés de guides locaux, vous découvrez Bangkok « by night » : ses marchés, ses monuments, sa gastronomie (le tour comprend quelques dégustations et un repas en fin de soirée) mais aussi ses temples (l’occasion de découvrir le fameux Wat Pho dans une toute autre ambiance, sans foule).

Stone guard, Wat Pho, Bangkok

Une des statues du Wat Pho, revisité de nuit !

Le festival végétarien battant son plein lors de notre séjour (voir point ci-dessous), le tour faisait la part belle à cet événement.

Expique guide telling us stories in the Flower market, Bangkok

Pendant tout le tour, nous avons eu droit à des explications passionnées et passionnantes.

Toutes les infos sur le site d’Expique

Festival végétarien

A man wearing a mask, Vegetarian Food Festival, Bangkok

Le festival végétarien, c’est aussi des cérémonies.

Vous avez bien lu ! Bangkok accueille chaque année pendant 9 jours un grand festival végétarien : le « Tesagan Gin Je ». Il a lieu en septembre-octobre, la date variant chaque année selon le calendrier lunaire. Le coeur des festivités se situe en fait à Phuket, dans le sud de la Thaïlande mais Bangkok participe également.

Purification and blessing rite during the Vegetarian food festiv

Cortège pendant le festival végétarien

Ce festival d’origine chinoise a pour objectif de purifier le corps et l’esprit des participants mais aussi de porter chance aux individus et à la communauté dans son ensemble. Durant ces 9 jours, parmi d’autres restrictions, on s’en tient donc à un régime strictement végétarien (et même vegan en fait). Pas question pour autant de se contenter de riz et de quelques pauvres légumes : la variété des mets préparés à cette occasion est époustouflante ! On peut même trouver des mets imitant à la perfection viande, poisson et crustacés réalisés à base de tofu. La sauce poisson est troquée contre de la sauce soja et de la sauce aux champignons.Dans Bangkok, les établissements participant au festival arborent un petit drapeau jaune. Mais c’est du côté de China Town que se tiennent la plupart des cérémonies et que l’on trouve un marché qui a de quoi réconcilier tous les végétariens avec l’Asie du Sud-Est. 😀

Vegetarian Food Festival, Bangkok

Les petits drapeaux jaunes indiquent les stands et restaurants participant au festival végétarien

Locals eating street food, Bangkok

Vente de bâtons d’encens pour les cérémonies et les temples.

Pour en savoir plus sur Bangkok

Vous envisagez un séjour à Bangkok ? Comme nous n’avons pas une foule d’activités et d’infos pratiques à partager, on a compilé ci-dessous quelques articles vraiment intéressants sur les blogs d’autres voyageurs. Bonne lecture !

Pour poursuivre le voyage en Thaïlande

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